L’ASN valide la poursuite d’exploitation des réacteurs à uranium naturel-graphite-gaz au vu des conclusions de leur réexamen périodique
Note d'information
Les réacteurs nucléaires de « première génération » d’EDF de type « uranium naturel-graphite-gaz[1] » (UNGG) ont été arrêtés entre 1973 et 1994. Il s’agit des réacteurs de Bugey 1 (INB 45), Saint-Laurent A1 et A2 (INB 46) et Chinon A1, A2 et A3 (respectivement INB 133, 153 et 161). Le combustible, qui représentait la quasi-totalité du risque, a été évacué. Les installations n’ont été que partiellement démantelées, dans l’attente du démantèlement des caissons des réacteurs, compte-tenu de la complexité de ces opérations.
En effet, EDF prévoyait initialement de démanteler ces caissons sous eau. Toutefois, elle a annoncé en 2016 que ce scénario de démantèlement posait des difficultés techniques majeures et qu’elle retenait finalement un scénario de démantèlement en air. Ce changement s’accompagne d’un report important de la date de fin des opérations de démantèlement des réacteurs UNGG, nécessitant de garantir le maintien des exigences de sûreté dans le temps, eu égard notamment au vieillissement des structures.
Dans ce contexte, l’ASN a analysé les rapports de conclusions du réexamen périodique, remis par EDF, des INB 45, 46, 133, 153 et 161, complétés à la suite de demandes de l’ASN.
Ces réexamens consistent à examiner la conformité des installations aux règles qui leur sont applicables et à améliorer leur niveau de sûreté au regard des meilleures pratiques disponibles.
Au cours de l’instruction, une inspection sur la thématique du réexamen a été menée sur l’installation de Saint-Laurent A. Elle a montré que le site appliquait rigoureusement les méthodologies pour mener l’examen de conformité de l’installation et assurait un suivi correct du plan d’action. Toutefois, plusieurs retards dans la mise en œuvre du plan d’action lié au réexamen ont été identifiés.
De manière générale, les rapports de conclusion de réexamen transmis par EDF présentaient des lacunes et manquaient de précision. Ces rapports ont ensuite été complétés sur certaines thématiques. Certaines justifications concernant l’état des sols devront être apportées ultérieurement. D’une manière générale, EDF devra renforcer son organisation et ses méthodes en vue de prochains réexamens périodiques de ses installations. L’ASN a adressé à EDF un courrier comportant plusieurs demandes en ce sens.
Au terme de son analyse, l’ASN n’a pas d’objection à la poursuite d’exploitation des INB 45, 46, 133, 153 et 161 pour les années à venir. En fonction des réacteurs, cette exploitation consiste en des opérations de démantèlement ou de préparation au démantèlement.
L’ASN vérifiera, dans le cadre de l’instruction des dossiers de démantèlement de ces réacteurs, qui seront déposés par EDF fin 2022, que les opérations de démantèlement seront réalisées dans de bonnes conditions de sûreté et de radioprotection, et dans des délais maîtrisés.
L’ASN a transmis les conclusions de son analyse à la ministre chargée de la sûreté nucléaire.
Pour en savoir plus :
[1] Chinon A1, A2 et A3, Saint-Laurent A1 et A2, Bugey 1
Date de la dernière mise à jour : 29/12/2021