Défaut de culture sûreté lors de l’évaluation d’un écart de conformité

Publié le 04/02/2026

Centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Le 28 octobre 2025, l’exploitant de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif pour la sûreté relatif au repli du réacteur 1 en raison de l’indisponibilité d’une pompe de son circuit d’injection de sécurité.

Le circuit d’injection de sécurité (RIS) est un circuit de sauvegarde qui permet, en cas d’accident causant une brèche importante au niveau du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Sur les réacteurs du site de Belleville-sur-Loire, il est composé de deux circuits permettant de compenser différentes tailles de brèche : l’injection de sécurité à moyenne pression et l’injection de sécurité à basse pression. Chaque circuit est muni de deux pompes redondantes.  

Le 12 juillet 2025, l’exploitant a constaté l’existence d’une fuite de type goutte à goutte au niveau d’une pompe d’injection de sécurité à moyenne pression. Il a déterminé que le débit maximal potentiel de cette fuite n’était pas susceptible de remettre en cause le débit requis de cette pompe en cas d’accident. Une dégradation de cette fuite survenue le 22 octobre 2025 a conduit l’exploitant à considérer la pompe comme indisponible, puis à replier le réacteur le 25 octobre 2025 en application des règles générales d’exploitation.

Cependant, le circuit RIS participe également à la fonction de confinement des substances radioactives. Les investigations menées a posteriori par l’exploitant ont mis en évidence que l’exigence d’étanchéité associée à cette fonction n’avait pas été identifiée lors de l’évaluation initiale des conséquences pour la sûreté de la fuite. Or, le débit potentiel de cette fuite était supérieur au débit maximal admissible pris en compte dans le rapport de sûreté de l’installation.

Cet incident n’a pas eu de conséquence réelle sur l’installation et pour l’environnement.

L’ASNR considère néanmoins que l’insuffisance de l’évaluation des conséquences de la fuite par l’ensemble des acteurs du processus d’analyse sûreté traduit un manque de culture de sûreté de la part de l’exploitant. L’ASNR a donc décidé de classer cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Date de la dernière mise à jour : 04/02/2026

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie