Rapport annuel de l'ASN 2009

418 dernières années, ce qui permet un meilleur échange d’informations. Le retour d’expérience acquis au fil des années, ainsi que la diversité des situations rencontrées, amène EDF à repenser son référentiel documentaire concernant les plans d’urgence interne. Ce travail fait l’objet d’une information régulière de l’ASN et s’inscrit également dans la nouvelle structure réglementaire progressivement mise en place par l’ASN. L’organisation nationale d’urgence a été déclenchée à quatre reprises en 2009 par EDF: à la centrale nucléaire du Blayais lors des tempêtes du 24 janvier 2009 et du 9 février 2009, à la centrale nucléaire de Cruas le 2 décembre 2009 en raison de l’obturation de la prise d’eau alimentant le système de refroidissement de ce réacteur avec l’arrivée massive de débris végétaux charriés par le Rhône et à la centrale nucléaire de Fessenheim le 27 décembre 2009 à la suite d’une réduction partielle des débits dans les circuits de refroidissement provoquée par des débris végétaux. EDF a bien géré la situation dans chacun de ces cas. Un retour d’expérience du déclenchement de ces situations devra néanmoins être tiré par EDF. L’organisation de crise en cas de relâchement d’ammoniac, mise en place sur les sites ayant une installation de traitement à la monochloramine, n’est pas jugée pleinement satisfaisante par l’ASN. Elle doit encore faire l’objet d’améliorations et prendre en compte les demandes de l’ASN. À terme, ce type de risque sera pris en compte dans l’organisation de crise du plan d’urgence interne. Au travers des inspections de l’année 2009, l’ASN a noté des progrès dans le domaine de la lutte contre l’incendie qui reste toutefois encore perfectible, en particulier en ce qui concerne l’accomplissement des missions et des actions des équipes d’intervention (caractère opérationnel du rôle et des missions du chef des secours notamment). Deux points positifs sont à relever: depuis 2009, le gréement des équipes d’intervention dès la détection d’incendie, et non plus après confirmation du feu et la mise à disposition d’un officier de sapeur-pompier professionnel pour chaque centrale nucléaire sont effectifs dans tous les sites. Les activités de maintenance et les prestataires L’ASN considère qu’EDF doit améliorer la gestion des activités de maintenance. Des constats récurrents demeurent. Le référentiel de maintenance est en perpétuelle évolution. Cette complexité renforce les retards persistant d’intégration constatés sur l’ensemble du parc et tend à disperser les exigences. La qualité des analyses de risques dans la préparation des interventions de maintenance et leur appropriation par les intervenants reste insatisfaisante. Elle doit être significativement améliorée dans la quasi-totalité des sites. La gestion des pièces de rechange doit également être améliorée: celles-ci ne sont pas toujours disponibles ou n’ont parfois pas toutes les caractéristiques requises. L’ASN constate qu’EDF n’a pas suffisamment anticipé certaines problématiques ni pris suffisamment en compte le retour d’expérience international, ce qui la conduit aujourd’hui à devoir réaliser des opérations de maintenance corrective délicates et de grande ampleur sur les générateurs de vapeur, afin d’en assurer la sûreté. En matière de réalisation des opérations de maintenance, l’ASN note que certaines opérations, réalisées par EDF ou ses prestataires, ont pu être entachées de défauts de qualité, qu’EDF doit s’attacher à mieux prévenir. L’amélioration de la qualité de réalisation des interventions de maintenance passe également par une meilleure appréhension des facteurs humains et organisationnels lors de leur préparation. La plupart des activités de maintenance sur les sites sont confiées à des entreprises prestataires, sélectionnées sur la base d’un système de qualification et d’évaluation. L’ASN estime que le principe de ce système est satisfaisant, mais qu’il est nécessaire qu’EDF évalue sa politique industrielle en matière de maintenance et de recours aux entreprises prestataires pour la réaliser. En effet, l’ASN estime qu’EDF ne progresse plus dans le domaine de la surveillance des entreprises prestataires. En particulier, l’ASN note une dégradation de la surveillance sur le terrain des activités réalisées par des entreprises prestataires et considère que celle-ci doit être rapidement améliorée et renforcée. Dans ce sens, EDF doit vérifier l’adéquation des ressources allouées à la surveillance, tant en quantité qu’en qualité, en regard des activités sous-traitées et compte tenu des enjeux de ces activités pour la sûreté, la radioprotection et la protection de l’environnement. L’ASN constate comme les années précédentes que les ressources matérielles sont parfois insuffisantes ou inadaptées, ce qui a pu dans certains cas conduire à des conditions de travail dégradées pour les intervenants en matière de sécurité et de radioprotection. Les méthodes mises en œuvre par EDF pour optimiser les programmes de maintenance des matériels importants pour la sûreté sont acceptables. Il convient toutefois de veiller à mettre en œuvre des moyens humains et matériels (pièces de rechange) à la hauteur des objectifs fixés par cette politique. L’implication d’EDF dans le domaine de la maintenance est importante du fait notamment des forts enjeux industriels et financiers associés. Dans le cadre de la poursuite d’exploitation des réacteurs les plus anciens, l’adéquation de la maintenance à l’état de vieillissement des matériels

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