Rapport annuel de l'ASN 2009

416 l’installation est à l’arrêt. À titre d’illustration, cette différence ne doit pas excéder 3 dB (A) de nuit. En 2001 et 2002, EDF avait réalisé des mesures de bruit sur l’ensemble des sites et une étude avait mis en évidence la conformité de dix sites et des non-conformités sur les neuf autres sites (Belleville-sur-Loire, Bugey, Chinon, Civaux, Dampierre-en-Burly, Golfech, Nogent-sur-Seine, Penly et Saint-Laurent-des-Eaux). Les sources sonores principales identifiées provenaient des tours aéroréfrigérantes, des salles des machines, des conduits de cheminée des BAN et des transformateurs. En réaction, EDF a défini une démarche globale de traitement reposant sur des études d’insonorisation. Ces études montrent que la mise en conformité stricte des neuf sites n’est pas possible dans des conditions techniques et économiques acceptables ou qu’elle présenterait des inconvénients, par exemple au plan de la sûreté ou au plan sanitaire. Par conséquent, EDF a orienté sa stratégie selon trois axes majeurs: – une réduction et si possible une suppression des fréquences sonores principales; Les niveaux de concentration en légionelles dans les grandes tours de refroidissement des centrales nucléaires Les niveaux de concentration en légionelles à ne pas dépasser dans les circuits de refroidissement des circuits secondaires sont de 5.106 UFC/L pour les centrales nucléaires munies d’aéroréfrigérants de grande taille (150 m de hauteur environ), et de 5.105 UFC/L pour la centrale nucléaire de Chinon dont les tours de refroidissement sont de taille plus modeste (28 m). Pour les circuits autres que le circuit de refroidissement des circuits secondaires (circuits de climatisation, etc.), il est demandé l’application des prescriptions en vigueur pour les ICPE (limites inférieures appliquées aux tours aéro- réfrigérantes des ICPE). La centrale nucléaire de Chinon est dotée depuis 2005 d’une unité de traitement à la monochloramine utilisée pour traiter les légionelles. Cette installation, qui a nécessité la mise à jour de l’arrêté de rejets et de prélèvements d’eau, permet de respecter le niveau maximum de concentration en légionelles fixé par l’ASN. Pour les autres centrales nucléaires dépourvues de traitements spécifiques, la valeur de 5.106 UFC/L est respectée par les mesures préventives usuellement mises en place par EDF afin de limiter le développement du biofilm et la formation de tartre dans les circuits. Émissions de substances appauvrissant la couche d’ozone Pour répondre à des besoins industriels mais aussi tertiaires, les centrales nucléaires possèdent des groupes frigorifiques. La technologie employée dans ces groupes fait intervenir un fluide frigorigène dont la vaporisation et la condensation permet les transferts de chaleur. L’utilisation de ces fluides frigorigènes est encadrée par un certain nombre de textes réglementaires dont le règlement européen 2037/2000, qui vise à limiter la production, la mise sur le marché et l’utilisation des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, et le décret n° 2007-737 du 7 mai 2007 relatif à certains fluides frigorigènes qui prévoit des dispositions relatives à l’information du représentant de l’État lors de la détection de fuite ou d’opération de dégazage. En 2008, les critères de déclaration à l’ASN des émissions de fluides frigorigènes ont évolué et l’ASN a demandé à EDF, début 2009, de réaliser un bilan et une analyse de l’ensemble des pertes de fluides frigorigènes de l’année 2008. Cette analyse a porté, pour l’année 2008, sur 100 pertes de fluide frigorigène, allant de quelques kilogrammes à plus de 400 kilogrammes. Il est apparu que ces pertes sont principalement liées à des défauts matériels. EDF a indiqué avoir engagé l’élaboration de guides de bonnes pratiques et la réalisation d’analyses liées à des pertes sur certains types de groupes frigorifiques. Malgré tout, l’année 2009 a encore été marquée par la déclaration de nombreuses pertes de fluides frigorigènes. En 2010, l’ASN suivra avec attention les actions menées par EDF, spécialement celles relatives aux bonnes pratiques et aux contrôles des groupes frigorigènes. L’ASN s’assurera également du bon déroulement des opérations de remplacement des groupes frigorifiques des réacteurs du palier 900 MWe.

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