Rapport annuel de l'ASN 2009

415 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 En liaison avec la DGS et la DGPR, l’ASN a saisi l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) afin de recueillir son avis sur l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux liés à la présence de légionelles dans les circuits de refroidissement des centrales nucléaires, dans le but de mieux apprécier les études réalisées par EDF et la stratégie générale en matière de prévention des risques et de surveillance. Deux avis ont été remis par l’AFSSET en 2006 et 2007. Après avoir été critique sur la démarche et les dispositions retenues par EDF en 2006, l’AFSSET a considéré que le plan d’action proposé par EDF fin 2007 comportait des améliorations importantes. Elle a estimé toutefois qu’EDF devait poursuivre ses efforts en matière d’analyse des risques, de renforcement des plans de surveillance, d’amélioration des modalités de contrôle et d’évaluation des solutions complémentaires. En 2008, sur la base des conclusions de l’AFSSET, l’ASN a demandé à EDF: – de maintenir les niveaux de colonisation aussi bas que raisonnablement possible; – de renforcer la surveillance de ses installations et de rendre plus robuste le suivi microbiologique pratiqué; – d’optimiser les traitements mis en œuvre afin de maîtriser d’éventuels pics de contamination et de prendre en compte les particularités de chaque site; – de rechercher des solutions alternatives aux traitements biocides; – de contribuer aux études épidémiologiques menées par l’InVS et l’AFSSET. Dans son plan d’action révisé à la suite des avis de l’AFSSET, EDF définit, en s’appuyant sur une surveillance renforcée des installations, les dispositions préventives ou curatives à mettre en œuvre tout en recherchant à minimiser les rejets chimiques induits par les traitements. La démarche globale proposée par EDF porte à la fois sur la maîtrise des moyens déjà disponibles et sur la recherche de solutions alternatives. L’ASN a constaté un effort important, dans les actions engagées par EDF depuis l’été 2008, pour maîtriser les risques liés au développement des légionelles. Elle a toutefois encouragé EDF à approfondir ses recherches sur les solutions alternatives, afin de minimiser les rejets chimiques et de ce fait limiter l’impact sur l’environnement. Ces recherches se sont traduites concrètement en 2009 par la réalisation d’essais de traitement de l’eau d’appoint sur des installations «pilotes» sur les sites de Belleville et Cattenom. Cette solution alternative consiste à traiter l’eau d’appoint des circuits de réfrigération par décantation, floculation et décarbonatation, pour limiter les phénomènes d’encrassement des circuits et d’entartrage qui favorisent la prolifération des micro-organismes. Le retour d’expérience des essais de traitement d’eau d’appoint menés en 2009 devrait permettre à EDF de prendre position sur la faisabilité d’une solution à «grande échelle» et d’affiner en 2010 sa stratégie globale de traitement des légionelles des grandes tours aéroréfrigérantes. 4⎮ 4 ⎮ 2 Prévenir la pollution accidentelle des eaux À la suite des événements survenus en juillet 2008 dans les INB exploitées respectivement par la SOCATRI (au Tricastin) et par FBFC (à Romans-sur-Isère), l’ASN a demandé à EDF de vérifier l’état de l’ensemble des circuits et rétentions pouvant contenir des fluides toxiques, radioactifs, inflammables, corrosifs ou explosifs et de procéder dans les meilleurs délais aux éventuelles réparations nécessaires. En réponse à cette demande, EDF a élaboré, fin 2008, un programme de vérification qui a été exécuté en 2009. L’état d’avancement de ce programme a fait l’objet d’un rapport trimestriel pour chacune des centrales et EDF a prévu d’achever l’ensemble des vérifications au 31 décembre 2009. Plusieurs rejets d’hydrocarbures dans l’environnement se sont produits en 2008 et ont conduit à des pollutions accidentelles de la Loire à proximité de la centrale nucléaire de Chinon et du Rhône et près de la centrale nucléaire du Bugey. Fin 2008, les premières analyses de ces événements ont révélé des dysfonctionnements de certains déshuileurs (équipements permettant de séparer l’huile et l’eau dans les effluents non radioactifs) et des systèmes d’alarme associés. L’ASN a alors transmis à EDF, en novembre 2008, un courrier demandant de contrôler tous les déshuileurs et les systèmes d’alarme associés des centrales nucléaires et de prendre en compte le retour d’expérience de ces événements. Début 2009, EDF a achevé les contrôles de ces équipements et en a transmis une synthèse à l’ASN. Des écarts ont été détectés sur certains capteurs de niveau des déshuileurs et leur remplacement a permis de retrouver un fonctionnement satisfaisant. Par ailleurs, l’état des lieux réalisé ayant mis en évidence des différences dans les modalités d’exploitation et d’entretien des déshuileurs, EDF a engagé des actions visant à améliorer leur exploitation et leur entretien. 4⎮ 4 ⎮ 3 Limiter le bruit En matière de nuisance sonore, l’impact des installations est réglementé par l’arrêté du 31 décembre 1999 précité. Cet arrêté fixe une limite pour le bruit généré par les installations, appelé «émergence sonore», c’est-à-dire la différence entre le niveau de bruit ambiant lorsque l’installation fonctionne et le niveau de bruit résiduel lorsque

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