414 Les amibes, des micro-organismes qui peuvent être pathogènes, ne se développent pas dans les circuits munis de condenseurs en laiton, en raison d’un effet toxique du cuivre, mais peuvent se développer dans les échangeurs rénovés. Afin de respecter la valeur limite fixée par les autorités sanitaires, les centrales nucléaires du Bugey, de Chooz, de Dampierre-en-Burly, de Golfech et de Nogent-sur-Seine font l’objet d’un traitement biocide à la monochloramine. L’utilisation de ce composé chimique, fréquemment employé pour le traitement des eaux, conduit à des rejets de substances chimiques (composés chlorés et azotés). Ces rejets sont réglementés par des prescriptions prises par les pouvoirs publics. La centrale nucléaire de Civaux utilise quant à elle une autre technique de désinfection, par rayons ultraviolets, des purges des eaux de refroidissement rejetées, en raison de la plus forte sensibilité du milieu récepteur (la Vienne) aux rejets issus d’un traitement chimique. Aucun dépassement de la concentration en amibes pathogènes déterminée en aval des centrales nucléaires précitées n’a été observé sur l’année 2009. En revanche, un dépassement de la concentration en amibes pathogènes a été observé en août 2009 en aval de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, qui ne recourt pas encore au traitement à la monochloramine. Le site a réalisé un traitement différent (dit «chloration massive») pour permettre un retour sous la valeur limite en concentration fixée par les autorités sanitaires. Par ailleurs, la recherche de solutions alternatives au traitement par voie chimique fait l’objet d’un programme d’études de la part d’EDF détaillé ci-après. Cas des légionelles Les légionelles, des micro-organismes qui peuvent être pathogènes, peuvent se développer dans les tours aéroréfrigérantes des centrales nucléaires, qui offrent des conditions favorables au développement des bactéries et à leur dispersion dans le panache de vapeur d’eau qu’elles rejettent. Les concentrations en légionelles dans les circuits de refroidissement des circuits secondaires des centrales nucléaires pourvues de tours aéroréfrigérantes sont variables et dépendent de facteurs divers (période de l’année, entartrage, qualité de l’eau d’appoint, existence d’un traitement biocide…). Elles peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers voire plus d’un million d’unités formant colonie par litre (UFC/L), unité traduisant le dénombrement des micro-organismes par unité de volume, pour les centrales nucléaires ne disposant pas de traitement: Belleville-sur-Loire, Cattenom, Cruas-Meysse, Dampierre-en-Burly (réacteurs 2 et 4) et Saint-Laurentdes-Eaux. Elles restent inférieures à cent mille UFC/L sur Bugey, Chooz, Civaux, Dampierre-en-Burly (réacteurs 1 et3), Golfech, Nogent-sur-Seine et Chinon, dernier site équipé d’une station de traitement à la monochloramine. Pour renforcer la prévention du risque de légionellose, l’ASN, en liaison avec la direction générale de la santé (DGS), a imposé à EDF en 2005 des niveaux maximaux de concentration en légionelles dans les circuits de refroidissement ainsi que des exigences en matière de surveillance des installations. L’ASN constate que les limites qu’elle a fixées sont respectées sur l’ensemble des centrales nucléaires. De plus, à ce jour, aucun cas groupé de légionellose n’a été attribué à une grande tour aéroréfrigérante d’une centrale nucléaire. Vue aérienne de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly avec ses 4 tours aéroréfrigérantes
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