Rapport annuel de l'ASN 2009

378 Prévenir le vieillissement à la conception À la conception et lors de la fabrication des composants, le choix des matériaux et les dispositions d’installation doivent être adaptés aux conditions d’exploitation prévues et tenir compte des cinétiques de dégradation connues ou supposées. Surveiller et anticiper les phénomènes de vieillissement Au cours de l’exploitation, d’autres phénomènes de dégradation que ceux prévus à la conception peuvent être mis en évidence. Les programmes de surveillance périodique et de maintenance préventive, les examens de conformité (voir point 2⏐2⏐1) ou encore l’examen du retour d’expérience (voir point 2⏐2⏐2) visent à détecter ces phénomènes. Réparer, modifier ou remplacer les matériels susceptibles d’être affectés De telles actions nécessitent d’avoir été anticipées, compte tenu notamment des délais d’approvisionnement des nouveaux composants, du temps de préparation de l’intervention, des risques d’obsolescence de certains composants et de perte de compétences techniques des intervenants. 2⎮ 3 ⎮ 4 La politique de l’ASN Sur le plan strictement réglementaire, il n’y a pas en France de limitation dans le temps à l’autorisation d’exploiter une centrale nucléaire. Les décrets d’autorisation de création (DAC) délivrés par l’administration française ne mentionnent pas de durée limite d’exploitation. Toutefois, ces documents font référence au rapport de sûreté qui précise une hypothèse de durée d’exploitation de 40 ans pour certains composants. En 2009, EDF a informé l’ASN qu’elle avait comme objectif d’étendre la durée d’exploitation de son parc nucléaire au-delà de 40ans sous couvert d’un programme industriel permettant au plan de la sûreté nucléaire d’atteindre cet objectif. Dès la préparation des troisièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe, l’ASN a demandé en 2001 à EDF de présenter, pour chacun des réacteurs, un point précis de l’état du vieillissement et de lui démontrer la possibilité d’en continuer l’exploitation au-delà de trente ans dans des conditions satisfaisantes de sûreté. En réponse à cette demande, EDF a élaboré un programme de travail relatif à la gestion du vieillissement des réacteurs de 900 MWe. La mise en œuvre de ce programme de gestion du vieillissement, les prochains réexamens de sûreté (VD4), ainsi que la démonstration de la tenue de certains matériels tels que la cuve ou bien l’enceinte de confinement au-delà de 40 ans d’exploitation seront autant d’éléments que l’ASN examinera pour prendre position sur la capacité des réacteurs à poursuivre leur exploitation au-delà de 40 ans. L’ASN considère également que le nouveau référentiel de sûreté présenté dans le rapport de sûreté générique des réacteurs de 900 MWe et les modifications de l’installation envisagées par EDF sont de nature à maintenir et à améliorer le niveau de sûreté global de ces réacteurs. Les réacteurs de Tricastin 1 et Fessenheim 1 se sont arrêtés en 2009 pour leur troisième visite décennale. Lors de ces visites, qui durent plusieurs mois, le réacteur est à l’arrêt et des contrôles approfondis sont réalisés. En tenant compte, d’une part, des résultats de ces contrôles et, d’autre part, de l’intégration des modifications issues du réexamen de sûreté, l’ASN prendra position, réacteur par réacteur, sur leur aptitude à poursuivre l’exploitation audelà de la troisième visite décennale et pour une période allant jusqu’à quarante ans. Elle pourra en tant que de besoin demander des contrôles intermédiaires, avant l’échéance des quarante ans. 2⎮ 4 Le réacteur EPR Flamanville 3 Après une période d’une dizaine d’années sans construction de réacteur nucléaire en France, EDF a déposé en mai 2006, auprès des ministres chargés de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, une demande d’autorisation de création d’un réacteur de type EPR d’une puissance de 1600 MWe sur le site de Flamanville, déjà équipé de deux réacteurs d’une puissance de 1300 MWe. Le réacteur EPR, développé par AREVA depuis 1989, est un réacteur à eau sous pression qui s’appuie sur une conception «évolutionnaire» par rapport aux réacteurs actuellement en exploitation en France, lui permettant ainsi de répondre à des objectifs de sûreté renforcés. Le Gouvernement en a autorisé la création par le décret n° 2007-534 du 10 avril 2007, après un avis favorable rendu par l’ASN à l’issue de l’instruction technique réalisée avec ses appuis techniques. Vue d’ensemble du chantier de construction de l’EPR à Flamanville – août 2009

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