377 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 l’ASN attend d’EDF qu’elle favorise les demandes de modification génériques face à la multiplication de demandes de modification ponctuelles transmises par chaque site. 2⎮ 3 S’assurer de la prise en compte des phénomènes de vieillissement des centrales nucléaires Comme toutes les installations industrielles, les centrales nucléaires sont sujettes au vieillissement. La mission de l’ASN consiste sur ce point à s’assurer qu’EDF prend en compte, en cohérence avec sa stratégie générale d’exploitation et de maintenance, les phénomènes liés au vieillissement afin de maintenir un niveau de sûreté satisfaisant pendant toute la durée de vie des installations. 2⎮ 3 ⎮ 1 L’âge du parc électronucléaire français Les centrales nucléaires actuellement en exploitation en France ont été construites sur une période de temps assez courte: quarante-cinq réacteurs représentant 50000 MWe, soit les trois quarts du parc, ont été mis en service entre 1979 et 1990 et treize réacteurs, représentant 10000 MWe supplémentaires, entre 1990 et 2000. En décembre 2009, la moyenne d’âge des réacteurs, calculée à partir des dates de première divergence des réacteurs, se répartit comme suit: – 28 ans pour les trente-quatre réacteurs de 900 MWe; – 22 ans pour les vingt réacteurs de 1300 MWe; – 12 ans pour les quatre réacteurs de 1450 MWe. 2⎮ 3 ⎮ 2 Les principaux facteurs de vieillissement Pour appréhender le vieillissement d’une centrale nucléaire, au-delà du simple délai écoulé depuis sa mise en service, un certain nombre de facteurs doivent être mis en perspective. La durée de vie des matériels non remplaçables La conception d’un certain nombre d’éléments des réacteurs a été établie sur la base d’une durée d’exploitation prédéfinie en raison des coûts de remplacement et plus encore de la radioprotection des travailleurs qui seraient amenés à intervenir. Ces matériels font l’objet d’une surveillance étroite permettant de s’assurer que leur vitesse de vieillissement est bien conforme à celle anticipée. C’est notamment le cas de la cuve, dimensionnée pour résister pendant au moins 40 ans (soit l’équivalent de 32 ans de fonctionnement continu à pleine puissance). Le principal mode de vieillissement de la cuve est l’irradiation, qui modifie les propriétés mécaniques de l’acier dont elle est constituée. L’exploitant doit donc mettre en place des mesures visant à prévoir l’évolution des propriétés de la cuve et à démontrer que, malgré ces évolutions, l’équipement est à même de résister à l’ensemble des situations de fonctionnement normal ou dégradé qu’il pourrait rencontrer, en prenant en compte les marges de sécurité fixées par la réglementation. La cuve fait ainsi l’objet d’une surveillance par «échantillons témoins» de métal prélevés et expertisés à intervalles réguliers (voir point 3⏐4⏐3). Les dégradations des matériels remplaçables Le vieillissement des matériels résulte de phénomènes tels que l’usure des pièces mécaniques, le durcissement et la fissuration des polymères, la corrosion des métaux... Les matériels doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de leur conception et de leur fabrication (en particulier le choix des matériaux), d’un programme de surveillance et de maintenance préventive et de réparations ou de remplacement en cas de besoin. Il faut également démontrer la faisabilité du remplacement éventuel. L’obsolescence des matériels ou de leurs composants Les équipements importants pour la sûreté ont fait l’objet d’une «qualification» qui leur permet d’être installés dans les centrales nucléaires. La disponibilité des pièces de rechange de ces équipements est fortement conditionnée par l’évolution du tissu industriel des fournisseurs. En effet, l’arrêt de la fabrication de certains composants ou la disparition de leur constructeur génère des difficultés d’approvisionnement en pièces d’origine pour certains systèmes. De nouvelles pièces de rechange doivent alors faire l’objet d’une justification de leur niveau de sûreté en préalable à leur montage. Cette justification vise à démontrer que l’équipement reste «qualifié» avec la nouvelle pièce de rechange. Compte tenu de la durée de cette procédure, une forte démarche d’anticipation est requise des exploitants. La capacité de l’installation à suivre les évolutions des exigences de sûreté L’amélioration des connaissances et des techniques, ainsi que les évolutions du niveau d’acceptabilité du risque dans nos sociétés, sont des facteurs pouvant conduire à juger qu’une installation industrielle nécessite de lourds travaux de rénovation ou, si ceux-ci ne sont pas réalisables à un coût acceptable, une fermeture de l’installation à plus ou moins brève échéance. 2⎮ 3 ⎮ 3 La prise en compte par EDF du vieillissement des matériels Cette stratégie, de type «défense en profondeur», s’appuie sur trois lignes de défense.
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