62 Les expositions médicales aux rayonnements ionisants (scannographie, PET, radiologie interventionnelle) représentent la part la plus importante des expositions artificielles dans les pays développés. Ces pratiques sont en constante augmentation et inévitables sauf lorsque des techniques alternatives peuvent être utilisées. Une attention particulière doit être exercée pour contrôler et réduire les doses liées à l’imagerie médicale car la multiplication des examens les plus irradiants, pour une même personne, pourrait conduire à atteindre la valeur de 100 mSv, au-dessus de laquelle les études ont montré que la probabilité de développer un cancer radio-induit devient significative. Le contrôle de l’application des principes de justification et d’optimisation en imagerie médicale doit s’inscrire dans les priorités de l’ASN pour les prochaines années. En France, les quatre examens de radiologie conventionnelle les plus nombreux sont la radiographie des membres inférieurs et supérieurs (32%), du rachis (16%), du thorax (12%) et du sein (11%); les radiographies buccales représentent 85% des examens dentaires; les examens par scanner de la tête et du rachis représentent respectivement 38% et 26% du nombre total des examens par scanner. À partir des valeurs de dose estimée par examen (données nationales ou à défaut européennes), la dose efficace annuelle moyenne estimée par personne est comprise entre 0,66 mSv et 0,83 mSv. Le diagramme 7 présente les parts respectives du nombre d’actes et des doses associées, pour la radiologie conventionnelle, la scanographie, la médecine nucléaire et la radiologie interventionnelle. 3⎮ 5 La protection des espèces non-humaines Le système international de radioprotection a été construit en vue d’assurer la protection de l’homme vis-à-vis des effets des rayonnements ionisants. La prise en compte de la radioactivité dans l’environnement est ainsi évaluée par rapport à son impact sur les êtres humains et, en l’absence d’élément contraire, il est aujourd’hui considéré que les normes actuelles garantissent la protection des autres espèces. La protection de l’environnement vis-à-vis du risque radiologique doit toutefois pouvoir être garantie indépendamment des effets sur l’homme (voir CIPR 103). L’ASN est favorable à ce que l’impact des rayonnements ionisants sur les espèces non-humaines soit mieux pris en compte dans la réglementation et dans les autorisations des activités nucléaires. Toutefois les connaissances scientifiques sur les effets des rayonnements ionisants sur les espèces non-humaines sont limitées et l’ASN considère que des recherches doivent encore être menées avant de pouvoir être en mesure de proposer des dispositions spécifiques pour leur protection. La surveillance des expositions mérite un effort particulier dans le but de mieux identifier les catégories ou groupes de populations les plus exposés. L’intérêt est triple: cette connaissance doit permettre de mieux cibler les efforts de réduction des risques (optimisation), de disposer d’indicateurs fiables pour évaluer l’efficacité de la politique publique et de développer des enquêtes épidémiologiques pour mieux approcher le risque. Ainsi: –comme les années précédentes, le bilan des doses reçues par les travailleurs en 2008, publié par l’IRSN, confirme la diminution du nombre de travailleurs surveillés dont la dose annuelle a dépassé 20mSv, ainsi que la diminution de la dose collective initiée à partir de 1996. Cependant, ce bilan ne prend pas en compte la dosimétrie interne et la dosimétrie des extrémités qui ne sont actuellement pas comptabilisées par l’IRSN. L’ASN, chargée d’organiser la veille permanente en radioprotection, reste particulièrement attentive au bon fonctionnement du système de surveillance des expositions mis en place par l’IRSN (SISERI) dans la mesure où les statistiques fournies constituent des indicateurs nationaux de premier ordre sur l’évolution de l’exposition des travailleurs et l’évaluation de l’efficacité des mesures prises par les exploitants pour l’application du principe d’optimisation; –l’exposition de la population française au radon demeure encore insuffisamment documentée puisque les estimations réalisées par l’IRSN en 1997 n’ont jamais été réactualisées et qu’elles ne prennent pas en compte les mesures réalisées depuis 1999 dans les lieux ouverts au public. Dans le cadre de la préparation du nouveau plan national d’actions sur les risques liés au radon, l’ASN a demandé que soit étudiée l’opportunité de créer une base de données regroupant toutes les données disponibles sur l’exposition au radon du public et des travailleurs, ce qui constituerait pour l’ASN une étape nécessaire pour mieux appréhender le risque; – enfin, l’ASN souligne l’intérêt des travaux à venir dans le cadre de l’observatoire national de l’exposition des patients piloté par l’InVs et l’IRSN qui devrait bénéficier 4 PERSPECTIVES
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