Rapport annuel de l'ASN 2009

60 Le système d’observation baptisé SIEVERT, mis en place par la Direction générale de l’aviation civile, l’IRSN, l’Observatoire de Paris et l’Institut français pour la recherche polaire Paul-Émile Victor (www.sievertsystem.com), permet d’estimer l’exposition du personnel navigant aux rayonnements cosmiques, compte tenu des vols effectués en cours d’année. 3⎮ 3 Les doses reçues par la population du fait des activités nucléaires Les réseaux de surveillance automatisés gérés par l’IRSN sur l’ensemble du territoire (réseaux Téléray, Hydrotéléray et Téléhydro) permettent de surveiller en temps réel la radioactivité dans l’environnement et de mettre en évidence toute variation anormale. Ces réseaux de mesure joueraient un rôle prépondérant en cas d’incident ou d’accident conduisant à des rejets de substances radioactives, pour éclairer les décisions à prendre par les autorités et pour informer la population. En situation normale, ils participent à l’évaluation de l’impact des installations nucléaires de base. En revanche, pour des raisons d’ordre méthodologique, il n’existe pas de système global de surveillance permettant de reconstituer de façon exhaustive les doses reçues par la population du fait des activités nucléaires. De ce fait, le respect de la limite d’exposition de la population (voir chapitre3) n’est pas directement contrôlable. Cependant, pour les installations nucléaires de base, les rejets d’effluents radioactifs font l’objet d’une comptabilité précise, et une surveillance radiologique de l’environnement est mise en place autour des installations. À partir des données recueillies, l’impact dosimétrique de ces rejets sur les populations vivant au voisinage immédiat des installations est ensuite calculé en utilisant des modèles permettant de simuler les transferts vers l’environnement. Les impacts dosimétriques varient, selon le type d’installation et les habitudes de vie des groupes de référence retenus, de quelques microsieverts à quelques dizaines de microsieverts par an. Ces estimations ne sont pas connues pour les activités nucléaires autres que les installations nucléaires de base. Des études méthodologiques sont nécessaires, en préalable, pour mieux connaître l’impact de ces installations, et notamment l’impact des rejets contenant des faibles quantités de radionucléides artificiels provenant de l’utilisation des sources radioactives non scellées dans les laboratoires de recherche ou de biologie, ou dans les services de médecine nucléaire. À titre d’exemple, l’impact des rejets hospitaliers conduit à des doses de quelques microsieverts par an pour les personnes les plus exposées, notamment les égoutiers travaillant dans les réseaux d’assainissement (étude IRSN 2005). Des situations héritées du passé telles que les essais nucléaires aériens et l’accident de Tchernobyl peuvent contribuer, de manière très faible, à l’exposition de la population. Ainsi la dose efficace individuelle moyenne reçue actuellement due aux retombées de l’accident de Tchernobyl est estimée entre 0,010 mSv et 0,030 mSv/an (IRSN 2001). Celles dues aux retombées des tirs atmosphériques avaient été estimées, en 1980, à environ 0,020mSv; du fait d’un facteur de décroissance d’environ 2 en 10 ans, les doses actuelles sont estimées largement inférieures à 0,010 mSv par an (IRSN 2006). 3⎮ 4 Les doses reçues par les patients Les expositions dues aux rayonnements ionisants d’origine médicale sont en augmentation dans la plupart des pays (source UNSCEAR). •Dans le monde, le nombre d’examens radiologiques a progressé de 1.6 à 4 milliards depuis 1993 à 2008, soit une augmentation de 250%. En médecine nucléaire, environ 17 millions d’examens étaient réalisés chaque année dans les années 1970, avec un saut à 35 millions (+200%) au début des années 2000. •Aux USA, la moyenne de la dose efficace annuelle par personne est passée de 0.53 mSv en 1983 à 3 mSv en 2006. Prélèvements d’eau de nappes phréatiques autour de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) – Septembre 2008

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