Rapport annuel de l'ASN 2009

329 CHAPITRE LES UTILISATIONS NON MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 10 Irradiation d’un travailleur de la société ABC (GIE HORUS) au cours d’un contrôle de soudure par gammagraphie, événement classé au niveau 2 de l’échelle INES L’ASN a classé au niveau 2 de l’échelle INES l’irradiation accidentelle le 29 septembre 2009 d’un travailleur de la société ABC au cours d’un contrôle de soudure par gammagraphie2. Ce travailleur est intervenu dans la zone d’opération3 pendant plusieurs secondes, sans respecter les règles relatives à l’entrée dans cette zone, alors que la source radioactive de haute activité utilisée n’était pas en position de sécurité. Ce contrôle par gammagraphie a été réalisé sur le site d’EDF de Flamanville (réacteur n° 1, Manche) qui en a rapidement informé l’ASN. Une déclaration d’événement significatif a été transmise à l’ASN par la société ABC le 16 octobre 2009. La dose reçue au cours de l’incident a été estimée à 5 millisieverts à partir des relevés dosimétriques du travailleur, soit le quart de la limite réglementaire annuelle qui est de 20 millisieverts pour une personne susceptible d’être exposée aux rayonnements ionisants dans le cadre de son activité professionnelle. Cette irradiation accidentelle est due au non-respect de procédures essentielles pour la radioprotection. En se fondant sur une interprétation erronée du déroulement des opérations réalisées par la personne chargée de manœuvrer la source radioactive du gammagraphe, le travailleur, qui observait la manœuvre à distance, a cru que le tir était achevé. Il est alors entré dans la zone d’opération sans attendre la confirmation formelle de la fin des opérations et du retour de la source radioactive en position de sécurité. Une inspection de la société ABC a été conjointement menée par la division de Dijon de l’ASN et l’inspection du travail le 29 octobre 2009. Les écarts aux règles de radioprotection à l’origine de l’incident ont été confirmés. Les actions correctives mises en place par la société ABC et le groupe HORUS ont été jugées satisfaisantes. Un suivi de la réalisation de ces actions sera réalisé par l’ASN qui a par ailleurs demandé une analyse de la situation sur l’aspect des facteurs humains et organisationnels à son expert technique, l’IRSN. En raison du non-respect de l’ensemble des règles relatives à l’entrée en zone d’opération ayant conduit à une exposition significative d’un travailleur, l’ASN a classé cet incident au niveau 2 de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES version octobre 2008) qui compte 8 niveaux, de 0 à 7. dans des attachés-cases ou dans des coffres forts. Ces derniers sont parfois retrouvés peu de temps après le vol. Les découvertes correspondent à des objets hétéroclites majoritairement découverts grâce aux portiques de détection en sortie d’INB ou de sites de déchetteries ou de ferrailleurs. Ces sources peuvent provenir de particuliers, avoir été retrouvées dans des établissements qui en avaient oublié l’existence ou avoir été déposées sur la voie publique par exemple devant un commissariat. Les événements concernant les métaux contaminés sont également classés parmi les découvertes de sources. En 2009, 4 entreprises françaises ont reçu des pièces contaminées au cobalt 60 en provenance d’Inde (cf. encadré) et un signalement concernant des biens de consommation contenant des radionucléides naturels a été reçu par les services de l’ASN. Les expositions de personnes sont principalement dues à des irradiations (seule une contamination a été déclarée). Cette année encore, la pratique de la gammagraphie industrielle est à incriminer pour le cas le plus important. Le non-respect des procédures a entraîné en une seule opération une dose proche du quart de la limite annuelle pour un travailleur de catégorie A (cf.encadré). Un type d’événement générique nouveau est l’irradiation involontaire de personnes par scanner lors de contrôles pour les autorités à des fins de détection de matières illicites dans des containeurs ou camions. Les autres événements ayant pu entraîner une irradiation de personnes concernent principalement les stockages inappropriés, des fuites de rayonnements voire la non-occultation de la source. L’ASN s’étonne du nombre peu élevé d’événements de contamination déclarés. 2.L’appareil utilisé est un gammagraphe contenant une source radioactive d’iridium 192 de haute activité (1,73 TBq). Pour un contrôle radiographique, la source est éjectée de l’appareil à distance, à l’aide d’une télécommande manuelle, avant d’être réintégrée dans son enveloppe protectrice. En fin de tir, une fois la source en position de sécurité, un opérateur entre en zone d’opération pour retirer le film placé derrière la pièce radiographiée pour analyse. 3.Zone spécialement délimitée et dont l’accès est réservé aux seuls travailleurs dont la présence est nécessaire, afin de limiter les risques d’exposition aux rayonnements ionisants.

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