Rapport annuel de l'ASN 2009

301 CHAPITRE LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 9 6⎮ 1 ⎮ 2 Dosimétrie Selon les données consolidées par l’IRSN pour l’année 2008 (rapport IRSN «La radioprotection des travailleurs, bilan 2008»), près de 184000 personnes travaillant dans le domaine des utilisations médicales des rayonnements ionisants – soit plus de 59% du total des travailleurs exposés suivis, tous secteurs d’activités confondus – ont fait l’objet d’une surveillance dosimétrique de leur exposition. La radiologie médicale regroupe plus de 60% des personnels médicaux exposés. Au total, plus de 98% des personnes surveillées en 2008 exerçant en médecine ou en dentisterie ont reçu une dose efficace annuelle inférieure à 1 mSv alors que 8 dépassements de la limite annuelle de 20 mSv ont été enregistrés. Chaque cas de dépassement doit donner lieu à une déclaration d’événement significatif par l’exploitant de l’activité nucléaire à l’ASN. Il fait l’objet d’une investigation particulière, en relation avec le médecin du travail et en collaboration éventuelle avec l’inspection du travail (circulaire du 16 novembre 2007 relative à la coordination de l’action des inspecteurs de la radioprotection et des inspecteurs et contrôleurs du travail en matière de prévention des risques liés aux rayonnements ionisants). 6⎮ 1 ⎮ 3 Événements significatifs de radioprotection susceptibles d’affecter du personnel médical Au cours de l’année 2009, 9 déclarations d’événements significatifs de radioprotection ont été transmises à l’ASN concernant des personnes travaillant dans des installations médicales. Ces événements concernaient des membres du personnel médical intervenant en radiologie pour quatre cas et en médecine nucléaire pour le cinquième cas. Un des événements déclarés à l’ASN en 2009 concernait un infirmier de bloc opératoire dont le dosimètre passif avait intégré une dose de 21 mSv au cours d’un trimestre, dose supérieure à la limite réglementaire annuelle définie par le code du travail fixée à 20 mSv. L’événement a été détecté par le centre hospitalier lors du retour de lecture des dosimètres passifs. Un autre événement déclaré était lié au dépassement de la limite de dose annuelle reçue aux mains par un médecin radiologue réalisant des procédures de radiologie interventionnelle digestives. Ce dépassement de dose était en partie dû à un dysfonctionnement des collimateurs automatiques de l’installation radiologique. Étant donné les dépassements de dose constatés, l’ASN a classé ces deux événements au niveau 1 de l’échelle INES. Un troisième événement a été déclaré du fait de la valeur anormale de dose relevée sur le dosimètre passif d’un manipulateur intervenant en radiologie interventionnelle. Le dosimètre serait tombé de la poche du manipulateur dans les draps du patient lors de son installation sur la table. Un quatrième événement déclaré était liée à la contamination interne d’une préparatrice en radiopharmacie par de l’iode 131. 6⎮ 2 La radioprotection des patients Les expositions des patients aux rayonnements ionisants se distinguent des autres expositions (travailleurs, population) dans la mesure où elles ne font pas l’objet de limitation, les principes de justification et d’optimisation demeurant les seuls applicables. En outre, il s’agit du seul cas où des rayonnements ionisants sont délivrés de façon intentionnelle à des personnes, en l’occurrence les patients. La situation diffère selon que l’on considère l’exposition du patient dans le domaine des applications diagnostiques (radiologie ou médecine nucléaire diagnostique) ou dans celui de la radiothérapie, externe ou interne. Dans le premier cas, il est nécessaire d’optimiser en délivrant la dose minimale pour obtenir une information diagnostique pertinente; dans le second cas, il faut délivrer la dose nécessaire pour stériliser la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains voisins. L’optimisation de la dose délivrée au patient dépend de la qualité du matériel utilisé tout au long de la chaîne de préparation et de délivrance du traitement, depuis l’acquisition de l’image diagnostique (générateur RX, gamma-caméra, dispositif d’acquisition et de traitement des images etc.) ou lors de la réalisation du traitement (accélérateurs linéaires, système de préparation et de planification etc.). L’ensemble de ces dispositifs doit faire l’objet d’un contrôle de qualité Tableau des dosimètres utilisés par le personnel du CHU de Nantes (Loire-Atlantique) – Septembre 2007

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