51 CHAPITRE LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES: RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT 1 2⎮ 5 Les sites contaminés La gestion des sites contaminés du fait d’une radioactivité résiduelle résultant soit d’une activité nucléaire passée soit d’une activité ayant généré des dépôts de radionucléides naturels justifie des actions spécifiques de radioprotection, notamment dans le cas où une réhabilitation est envisagée. Compte tenu des usages du site, actuels ou futurs, des objectifs de décontamination doivent être établis, et l’élimination des déchets produits lors de l’assainissement des locaux et des terres contaminées doit être maîtrisée, depuis le site jusqu’à l’entreposage ou le stockage. 2⎮ 6 Les activités générant un renforcement des rayonnements ionisants d’origine naturelle Les expositions aux rayonnements ionisants d’origine naturelle, lorsqu’elles sont renforcées du fait des activités humaines, justifient des actions de surveillance, voire des actions d’évaluation et de gestion du risque, si elles sont susceptibles de générer un risque pour les travailleurs exposés et, le cas échéant, la population. Ainsi, certaines activités professionnelles qui n’entrent pas dans la définition des «activités nucléaires» peuvent accroître, de manière significative, l’exposition aux rayonnements ionisants des travailleurs et, dans une moindre mesure, des populations proches des lieux où sont exercées ces activités dans le cas de rejets d’effluents ou Tri de déchets FMA dans un laboratoire de chimie, EDF, Chinon (Indre-et-Loire) L’impact du tritium: l’approche prospective de l’ASN Isotope radioactif de l’hydrogène, le tritium est connu sous trois formes dans l’environnement: une forme liquide (eau tritiée ou HTO), une forme gazeuse dite HT et une forme organique dite OBT. Naturellement présent dans l’environnement par l’action des rayonnements cosmiques sur les atomes d’azote, le tritium est également l’un des principaux radionucléides émis par les réacteurs nucléaires, des installations de traitement du combustible nucléaire usé, les industries ou laboratoires utilisant ce radionucléide et les installations de gestion des déchets. Les autorités médicales, en France et à l’étranger, et les organismes internationaux de santé s’accordent pour considérer que le tritium a une radiotoxicité faible. Il était également admis qu’il ne se concentre pas dans les chaînes alimentaires (absence de bioaccumulation). Toutefois, des observations récentes pourraient modifier ces appréciations: des mesures réalisées au Royaume-Uni (rapports Rife) ont relevé dans des poissons et crustacés des concentrations en tritium supérieures à celles attendues. Parallèlement, des études sur la biocinétique du tritium (modélisation du comportement du tritium dans les organismes vivants) pourraient conduire à une réévaluation des paramètres de caractérisation de sa radiotoxicité. À la suite des interrogations soulevées par ces travaux, l’ASN a souhaité disposer d’une analyse précise des études existant sur le sujet. Aussi l’ASN a-t-elle décidé, au début de l’année 2008, la création de deux groupes de réflexion indépendants, rassemblant des scientifiques, des exploitants et des associations: – un groupe «impact du tritium» chargé d’établir un état des lieux des connaissances scientifiques relatif à l’impact sanitaire du tritium et à la réalité scientifique de la bioaccumulation du tritium; – un groupe «défense en profondeur» chargé d’anticiper les évolutions de rejets liées à la mise en place de nouvelles gestions de combustible et à la construction de nouvelles installations (EPR et ITER), d’examiner les possibilités techniques de traitement du tritium et d’établir un état des lieux des connaissances sur son impact environnemental. Chacun des deux groupes de réflexion se sont réunis cinq fois depuis 2008. Les travaux vont s’achever début 2010. Les conclusions et les recommandations de ces travaux feront l’objet d’une publication de l’ASN en 2010.
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