Les systèmes de surveillance des pathologies mis en place (registres du cancer par exemple) ne permettent pas de distinguer celles qui pourraient être attribuées aux rayonnements ionisants. Nous ne disposons pas non plus d’indicateurs biologiques, fiables et faciles à mesurer, qui permettraient de reconstituer aisément les doses de rayonnements auxquels ont été soumises les personnes. Dans ce contexte, la «surveillance du risque» est réalisée par la mesure d’indicateurs de la radioactivité ambiante, au mieux par la mesure des débits de dose liés à l’exposition externe des personnes aux rayonnements ionisants ou de la contamination interne, ou à défaut par la mesure de grandeurs (concentration de radionucléides dans les rejets d’effluents radioactifs) qui peuvent permettre ensuite de procéder, par le calcul, à une estimation des doses reçues par les populations exposées. La totalité de la population française est potentiellement exposée, mais de façon inégale sur le territoire, à des rayonnements ionisants d’origine naturelle et à des rayonnements ayant pour origine des activités humaines. L’exposition de la population française est estimée, en moyenne et par habitant, à 3,3 mSv par an, mais cette exposition présente une grande variabilité individuelle, notamment selon la localisation du lieu d’habitation et le nombre d’examens radiologiques reçus (source: IRSN 2006). Selon les lieux, la dose efficace individuelle annuelle moyenne peut varier d’un facteur 2 à 5. Le graphique 1 représente une estimation des contributions respectives des différentes sources d’exposition de la population française aux rayonnements ionisants. Ces données restent cependant trop imprécises pour identifier, dans chaque catégorie de sources d’expositions, les catégories ou groupes de personnes les plus exposés. 3⎮ 1 Les expositions de la population aux rayonnements d’origine naturelle Les expositions de la population aux rayonnements ionisants d’origine naturelle résultent depuis toujours de la présence de radionucléides d’origine terrestre dans l’environnement, de l’émanation de radon en provenance du sous-sol et de l’exposition aux rayonnements cosmiques. Les rayonnements terrestres (hors radon) Les radionucléides naturels d’origine terrestre sont présents à des teneurs diverses dans tous les milieux de notre environnement, y compris dans l’organisme humain. Ils conduisent à une exposition externe de la population du fait des émissions de rayonnement gamma produites par les chaînes de l’uranium 238 et du thorium 232 et par le d’élimination de déchets faiblement radioactifs. Il s’agit en particulier d’activités qui font appel à des matières premières, à des matériaux de construction ou à des résidus industriels contenant des radionucléides naturels non utilisés pour leurs propriétés radioactives, fissiles ou fertiles. Les familles naturelles de l’uranium et du thorium sont les principaux radionucléides rencontrés. Parmi les industries concernées, on peut citer les industries d’extraction du phosphate et de fabrication des engrais phosphatés, les industries des pigments de coloration, notamment celles utilisant de l’oxyde de titane et celles exploitant les minerais de terres rares dont la monazite. Les actions de radioprotection à mener dans ce domaine reposent sur l’identification précise des activités, l’estimation de l’impact des expositions pour les personnes concernées, la mise en place d’actions correctives pour réduire, si nécessaire, ces expositions, et leur contrôle. Ciblée sur le risque pour la population générale mais aussi pour les travailleurs, la surveillance de l’exposition des personnes au radon dans les lieux ouverts au public constitue également une action prioritaire de radioprotection dans les zones géographiques présentant un potentiel élevé d’exhalaison de radon, du fait des caractéristiques géologiques des terrains en place. Une stratégie de réduction de ces expositions est nécessaire dans le cas où les mesures réalisées dépassent les niveaux d’actions réglementaires. Les établissements d’enseignement, les établissements à caractère sanitaire et social, les établissements thermaux et les établissements pénitentiaires sont principalement concernés par les mesures de surveillance du radon. Depuis août 2008, cette surveillance a été étendue aux lieux de travail situés dans les zones géographiques prioritaires. Enfin, l’exposition des personnels navigants aux rayonnements cosmiques, renforcée du fait de séjours prolongés en altitude, mérite également une surveillance dosimétrique (voir point 3⏐2⏐3). 52 3 LA SURVEILLANCE DES EXPOSITIONS AUX RAYONNEMENTS IONISANTS
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