Rapport annuel de l'ASN 2008

Sur la base des travaux scientifiques de l’UNSCEAR, la Commission internationale de protection radiologique (voir publication CIPR 103) a publié les coefficients de risque de décès par cancer dû aux rayonnements ionisants, soit 4,1% d’excès de risque par sievert (Sv) pour les travailleurs et 5,5% par sievert pour la population générale. L’utilisation de ce modèle, par exemple, conduirait à estimer à environ 7000 le nombre de décès annuels par cancer en France dus aux rayonnements naturels. L’évaluation du risque de cancer du poumon dû au radon fait l’objet d’une modélisation spécifique, fondée sur l’observation des données épidémiologiques chez les travailleurs des mines. En retenant l’hypothèse d’une relation linéaire sans seuil pour les expositions à faible dose, le risque relatif lié à l’exposition au radon, pour une concentration de radon égale à 230 Bq/m3, serait du même ordre que celui lié au tabagisme passif (Académie des sciences USA, 1999). L’objectif sanitaire de réduction du risque de cancer lié aux rayonnements ionisants ne peut être directement observé par l’épidémiologie; le risque peut être calculé si l’on prend pour hypothèse l’existence d’une relation linéaire sans seuil entre les expositions et les risques de décès par cancer. 1⎮ 3 Incertitudes scientifiques et vigilance Les actions menées dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour prévenir les accidents et limiter les nuisances ont permis de réduire les risques mais pas d’atteindre le risque zéro ni l’impact zéro, qu’il s’agisse des doses reçues par les travailleurs des domaines médical ou industriel, ou de celles associées aux rejets des INB. De nombreuses incertitudes et inconnues persistent; elles conduisent l’ASN à rester attentive aux résultats des travaux scientifiques en cours, en radiobiologie et en radiopathologie par exemple, avec des retombées possibles en radioprotection, notamment en ce qui concerne la gestion des risques à faible dose. On peut citer, en particulier, plusieurs exemples de zones d’incertitudes, concernant les radio pathologies à forte dose, les effets des faibles doses et la protection de l’environnement : Radiopathologies à forte dose • Le traitement des lésions graves dues à une surexposition aux rayonnements ionisants – Le traitement des lésions graves de surexposition est très difficile et décevant car ces lésions sont durables et évolutives dans le temps. L’année 2006 avait été marquée par deux réussites 44 Les recommandations 103 de la CIPR La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) diffuse, depuis de nombreuses décennies, des recommandations pour la radioprotection dont s’inspirent le plus souvent les standards internationaux (en particulier ceux diffusés par l’AIEA) et les directives communautaires. Le principe d’optimisation apparaît au cœur des nouvelles recommandations publiées fin 2007 (CIPR 103), les principes de justification et de limitation étant cependant conservés. En effet, la CIPR recommande, quel que soit le type de situation d’exposition (expositions planifiées, expositions d’urgence ou expositions existantes), de réduire les doses individuelles à un niveau aussi bas que raisonnablement possible. Pour une bonne application du principe d’optimisation, la CIPR propose d’établir, pour chaque situation d’exposition, des valeurs de référence exprimées en termes de dose. Les valeurs de limites de dose individuelles, applicables à l’exposition résultant de l’ensemble des sources auxquelles un individu peut être exposé, demeurent inchangées. Enfin, les catégories d’exposition (au travail, du public et médicales) sont également conservées. La CIPR a ainsi mis à jour l’ancien système (CIPR 60) sans le bouleverser afin de tenir compte de la demande de stabilité exprimée par les professionnels et les autorités réglementaires. Les recommandations de la CIPR 103 – Décembre 2007

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