Rapport annuel de l'ASN 2008

43 CHAPITRE LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES: RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ 1 permet pas d’identifier les cancers radio-induits, leur forme n’étant pas spécifique des rayonnements ionisants. L’investigation épidémiologique est une tâche complémentaire de la surveillance. Les enquêtes épidémiologiques ont vocation à mettre en évidence une association entre un facteur de risque et la survenue d’une maladie, entre une cause possible et un effet, ou tout au moins à permettre d’affirmer qu’une telle relation causale avec une très forte probabilité existe. On retiendra cependant la difficulté à mener ces enquêtes ou à conclure de façon convaincante lorsque le délai d’apparition de la maladie est long ou encore lorsque le nombre de cas attendus est faible, ce qui caractérise les expositions aux rayonnements ionisants inférieures à 100 mSv. Ainsi, les études épidémiologiques n’ont pu mettre en évidence des pathologies liées aux rayonnements ionisants que pour des doses de rayonnements relativement élevées, avec des débits de dose élevés (exemple: suivi des populations exposées lors des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki). Dans une optique de gestion du risque, il est alors fait appel à la technique de l’évaluation des risques qui, au moyen de calculs, permet, en extrapolant les risques observés aux plus fortes doses, d’estimer les risques encourus lors d’une exposition aux faibles doses de rayonnements ionisants. Pour ces estimations, a été adoptée sur le plan international l’hypothèse prudente d’une relation linéaire sans seuil entre l’exposition et le nombre de décès par cancer. Ainsi, une estimation du nombre de cancers attribuables aux expositions aux rayonnements ionisants peut être calculée, en utilisant une extrapolation linéaire sans seuil de la relation observée à des doses élevées. La légitimité de ces estimations reste cependant controversée au niveau scientifique. Diagramme 1: relation linéaire «dose-effets» (sans seuil) UNSCEAR Le comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a été créé en 1955 lors de la 10e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Il rassemble 21 pays et rend compte à l’Assemblée générale des Nations unies. C’est un organisme à caractère scientifique qui valide et cautionne les résultats d’études nationales ou internationales relatives aux effets des rayonnements ionisants sur l’homme. L’UNSCEAR a publié, en août 2008, un premier rapport portant sur l’épidémiologie des cancers radio-induits, des maladies cardiovasculaires et des maladies autres que les cancers causés par les rayonnements. Un second volume portant sur les effets non ciblés et retardés des rayonnements ionisants et sur leurs effets sur le système immunitaire ainsi qu’un bilan des relations source-effets pour le radon domestique et professionnel était attendu fin 2008.

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