Rapport annuel de l'ASN 2008

386 2⎮ 1⎮ 3 Le projet d’usine d’enrichissement par ultracentrifugation Georges Besse II Le procédé d’ultracentrifugation devrait remplacer à terme la diffusion gazeuse. Ce procédé, qui sera exploité par la société d’enrichissement du Tricastin (SET), consiste à faire tourner à très haute vitesse un bol cylindrique contenant de l’hexafluorure d’uranium (UF6). Sous l’effet de la force centrifuge, les molécules les plus lourdes (contenant l’uranium 238) se concentrent à la périphérie, tandis que les plus légères (contenant l’uranium 235) sont récupérées au centre. Ce procédé présente deux importants avantages par rapport au procédé de diffusion gazeuse utilisé actuellement par EURODIF: d’une part, il est beaucoup moins consommateur d’énergie (75 MW contre 3000 MW à production équivalente), et d’autre part, sa conception est plus sûre (beaucoup moins de matière nucléaire dans les cascades et centrifugeuses en dépression par rapport à la pression atmosphérique). La création de l’usine Georges Besse II (GBII), qui comprend deux unités d’enrichissement distinctes (unités Sud et Nord) et des unités support, a été autorisée par voie de décret, le 27 avril 2007. En vue de la mise en service de la première unité de l’installation (dénommée unité sud) l’exploitant a adressé à l’ASN le dossier de sûreté comprenant: – le rapport de sûreté; –les règles générales d’exploitation et le plan d’urgence interne; – l’étude déchets. De l’examen mené par l’ASN et ses appuis techniques, l’IRSN et le groupe permanent laboratoires et usines, il est ressorti que le faible encours d’UF6 dans les modules d’enrichissement ainsi que les conditions de fonctionnement du procédé de centrifugation contribuent à une bonne maîtrise des risques de dissémination des matières radioactives et chimiques. De plus, l’exploitant a apporté des compléments satisfaisants pour ce qui concerne la maîtrise des risques de criticité, répondant aux questions soulevées lors de l’examen du rapport préliminaire de sûreté. Enfin, les autres risques d’origine interne (incendie et explosion) ou externe (risques liés à la géosphère et aux activités humaines, spécifiques au site d’implantation) apparaissent maîtrisés. Par ailleurs, l’ASN estime que l’exploitant a retenu des dispositions satisfaisantes pour maîtriser les risques associés à la concomitance d’activités de chantier et d’activités d’exploitation liés à la conception modulaire de l’usine. Considérant que les dispositions présentées par l’exploitant pour la mise en service de l’unité Sud sont satisfaisantes du point de vue de la sûreté et de la radioprotection, l’ASN a autorisé le 29 janvier 2009 par décision n° 2009-DC-0130, la mise en service de l’installation. Par ailleurs, la SET, a déposé en 2008 une demande de modification du décret de création de l’INB GBII (168), qui fera l’objet d’une enquête publique. Le schéma envisagé par SET au lancement du projet GBII était de s’appuyer sur un atelier support dénommé REC II – partie intégrante de l’INB GBII – et un atelier TE exploité par AREVA NC. AREVA a décidé la fusion des fonctions TE et REC II. L’atelier en résultant, intégré au projet GBII, pourrait fournir des prestations pour des exploitants d’autres installations du site de Pierrelatte et disposerait de moyens communs avec l’unité GBII nord, notamment les parcs d’entreposage de conteneurs d’UF6 et la salle de conduite. Cette installation support devrait être mise en service à l’horizon 2011. Eurodif – groupe de diffuseurs

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