Rapport annuel de l'ASN 2008

385 CHAPITRE LES INSTALLATIONS DU CYCLE DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE 13 2⎮ 1 Les usines de conversion, de traitement et d’enrichissement de l’uranium du Tricastin Afin de permettre la fabrication de combustibles utilisables dans les réacteurs français, le minerai d’uranium doit au préalable être transformé en UF6 (conversion), puis enrichi. Ces opérations se déroulent principalement sur le site du Tricastin, également connu sous le nom de site de Pierrelatte. 2⎮ 1⎮ 1 L’installation TU5 et l’usine W de AREVA NC AREVA NC exploite sur le site de Pierrelatte: –l’installation TU5 (INB) de conversion de UO2(NO3)2 issu du retraitement de combustibles usés en U3O8. La conversion en UF4 théoriquement possible ne l’est pas dans la configuration technique actuelle de l’installation; –l’usine W (ICPE dans le périmètre de l’INB) de conversion d’UF6 appauvri en U3O8, composé solide permettant de garantir des conditions d’entreposage plus sûres et de produire de l’acide fluorhydrique. L’installation peut mettre en œuvre jusqu’à 2000 tonnes d’uranium par an. L’uranium de retraitement est, pour une part, entreposé sur le site AREVA NC de Pierrelatte, l’autre part étant expédiée à l’étranger pour enrichissement. 2⎮ 1⎮ 2 L’usine de séparation des isotopes de l’uranium par diffusion gazeuse EURODIF La séparation isotopique mise en œuvre dans l’usine EURODIF est fondée sur le procédé de diffusion gazeuse. L’usine comporte 1400 modules d’enrichissement en cascade, répartis en 70 groupes de 20 modules regroupés dans des locaux étanches. Le principe de l’enrichissement par voie gazeuse consiste à faire diffuser un grand nombre de fois l’UF6 gazeux à travers des parois poreuses appelées «barrières». Ces barrières laissent passer de façon préférentielle l’isotope 235 de l’uranium contenu dans le gaz, augmentant ainsi, à chaque passage, la proportion de cet isotope fissile dans l’UF6. L’UF6 est introduit au centre de la cascade, le produit enrichi est soutiré à une extrémité et le résidu appauvri à l’autre extrémité. Compte tenu de la conception ancienne de cette usine, elle sera arrêtée peu après 2010. L’ASN suit dès à présent les premières études engagées par l’exploitant sur les modalités d’arrêt. Il importe en effet, compte tenu des masses considérées – 150000 tonnes d’acier rien que pour les diffuseurs – d’anticiper les inventaires et les caractéristiques des matériels afin d’optimiser les traitements, les démontages, le transport et les filières d’élimination. Par ailleurs, l’exploitant a déposé, fin 2008, une demande de modification du décret d’autorisation de création de l’usine EURODIF en vue d’augmenter la quantité maximale d’UF6 présente sur l’INB. En 2008, trois conteneurs d’UF6 de type 48Y ou 30 B ont été légèrement endommagés lors de manutentions sur le site du Tricastin. L’ASN a demandé à EURODIF de réaliser une analyse détaillée des causes de ces événements et veillera à l’application de mesures correctives appropriées en 2009. 2 LES PRINCIPALES INSTALLATIONS EN ACTIVITÉ Vue de l’installation TU5 sur le site du Tricastin Vue de l’usine de séparation des isotopes de l’uranium par diffusion gazeuse EURODIF sur le site du Tricastin (Drôme)

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=