367 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 retenues par EDF en 2006, l’AFSSET considère que le plan d’action proposé par EDF fin 2007 comporte des améliorations importantes. Elle estime toutefois qu’EDF doit poursuivre ses efforts en matière d’analyse des risques, de renforcement des plans de surveillance, d’amélioration des modalités de contrôle et d’évaluation des solutions complémentaires. Avec l’éclairage de l’AFSSET, l’ASN a demandé à EDF de: –maintenir les niveaux de colonisation aussi bas que raisonnablement possible; –renforcer la surveillance de ses installations afin d’être plus réactif; –optimiser les traitements mis en œuvre et prendre en compte les particularités de chaque site; –investiguer des solutions alternatives aux traitements biocides; –contribuer aux études épidémiologiques menées par l’InVS et l’AFSSET. L’ASN a pris acte du plan d’action proposé par EDF en vue de maîtriser les niveaux maximaux de concentration en légionelles dans les circuits de refroidissement. Dans ce plan, révisé à la suite des avis de l’AFSSET, EDF définit, en s’appuyant sur une surveillance renforcée des installations, les dispositions préventives ou curatives à mettre en œuvre tout en recherchant à minimiser les rejets chimiques induits par les traitements mis en œuvre. EDF a engagé depuis l’été 2008, à la demande de l’ASN, des actions visant à renforcer les mesures de surveillance mises en œuvre sur ses sites. Cette démarche doit contribuer à un meilleur pilotage des installations et, associée à une amélioration de la qualité du processus de surveillance des légionelles, doit rendre plus robuste le suivi microbiologique pratiqué par EDF. L’ASN constate un effort conséquent d’EDF pour maîtriser les risques liés au développement des légionelles dans les circuits des grandes tours aéroréfrigérantes. La démarche globale engagée par EDF porte à la fois sur la maîtrise des moyens déjà disponibles et sur la recherche de solutions alternatives, ce que recommandait l’AFSSET. L’ASN considère cependant qu’il est indispensable que la solution du traitement de l’eau d’appoint soit explorée par EDF. Toutefois, cela n’est pas exclusif de traitements biocides réguliers ou massifs en cas de contamination par des micro-organismes pathogènes. Les conclusions des études de faisabilité du traitement de l’eau d’appoint et le développement des solutions alternatives devraient permettre à EDF en 2009 d’affiner sa stratégie globale de traitement des légionelles des grandes tours aéroréfrigérantes. 4⎮ 4 ⎮ 2 La prévention de la pollution accidentelle des eaux En application de l’arrêté du 31 décembre 1999, cité au point 2⏐2⏐1 du chapitre 3, l’ASN avait imposé en 2006 certains travaux de mise en conformité des installations, en particulier des réservoirs d’effluents et de leurs rétentions. L’année 2007 a été marquée par l’achèvement de ces travaux. À la suite des événements survenus en juillet 2008 dans les INB exploitées respectivement par la SOCATRI (au Tricastin) et par FBFC (à Romans-sur-Isère), l’ASN a demandé à EDF de vérifier l’état de l’ensemble des circuits et rétentions pouvant contenir des fluides toxiques, radioactifs, inflammables, corrosifs ou explosifs et de procéder Les niveaux de concentration en légionelles dans les grandes tours de refroidissement des centrales nucléaires Les niveaux de concentration en légionelles à ne pas dépasser dans les circuits de refroidissement des circuits secondaires sont de 5.106 UFC/L pour les centrales nucléaires munies d’aéroréfrigérants de grande taille (150 m de hauteur environ), et de 5.105 UFC/L pour la centrale nucléaire de Chinon dont les tours de refroidissement sont de taille plus modeste (28 m). Pour les circuits autres que le circuit de refroidissement des circuits secondaires (circuits de climatisation par exemple), il est demandé l’application des prescriptions en vigueur pour les ICPE (limites inférieures pour les tours aéroréfrigérantes des ICPE). La centrale nucléaire de Chinon est dotée depuis 2005 d’une unité de traitement à la monochloramine utilisée pour traiter les légionelles. Cette installation, qui a nécessité la mise à jour de l’arrêté de rejets et de prélèvements d’eau, permet de respecter le niveau maximum de concentration en légionelles fixé par l’ASN. Pour les autres centrales nucléaires dépourvues de traitements spécifiques, la valeur de 5.106 UFC/L est respectée par les mesures préventives usuellement mises en place par EDF afin de limiter le développement du biofilm et la formation de tartre dans les circuits.
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