Rapport annuel de l'ASN 2008

366 La plupart de ces déchets sans filière ont été produits dans le passé. Des optimisations sur l’orientation des déchets vers les filières conventionnelle ou nucléaire et la classification des déchets ont permis de minimiser la production de certains de ces déchets dépourvus de filière, en particulier les piles et les éclairages électroluminescents. L’ASN a demandé à EDF d’établir un état des lieux de la situation du parc afin de disposer d’un inventaire des types de déchets concernés et d’une estimation des quantités présentes sur les sites au regard des capacités d’entreposage. De plus, la quantité de déchets électroniques étant amenée à croître en raison d’une utilisation accrue d’équipements, de matériels et de composants électroniques, l’ASN a demandé à EDF de mener dès à présent les investigations nécessaires pour estimer les quantités à venir. 4⎮ 4 La protection contre les autres risques et les nuisances 4⎮ 4 ⎮ 1 Le risque microbiologique La gestion du risque bactériologique dans les centrales nucléaires est un enjeu sanitaire en raison de la gravité des infections potentielles mais également environnemental au regard des impacts des rejets induits par les traitements biocides. Cas des amibes Comme présenté au point 1⏐1⏐1, le condenseur est un échangeur thermique qui permet d’assurer le refroidissement des circuits secondaires. Les échangeurs les plus anciens sont en laiton, les plus récents en acier inoxydable ou en titane car ils entraînent moins de rejets de métaux par usure que le laiton (à l’origine de rejets de cuivre et de zinc). Les amibes, des micro-organismes qui peuvent être pathogènes, ne se développent pas dans les circuits munis de condenseurs en laiton, en raison d’un effet toxique sur elles du cuivre, mais peuvent se développer dans les échangeurs rénovés. Afin de respecter la valeur limite fixée par les autorités sanitaires, les centrales nucléaires du Bugey, de Chooz, de Dampierre-en-Burly, de Golfech et de Nogent-sur-Seine font l’objet d’un traitement biocide à la monochloramine, dont il résulte des rejets de substances chimiques. Ces rejets sont réglementés par des prescriptions prises par les pouvoirs publics. La centrale nucléaire de Civaux met en œuvre un traitement de désinfection par rayons ultraviolets des purges des eaux de refroidissement rejetées, en raison de la plus forte sensibilité du milieu récepteur (la Vienne) aux rejets issus d’un traitement chimique. Aucun dépassement de la concentration en amibes pathogènes déterminée en aval des centrales nucléaires précitées n’a été observé sur la campagne 2008. Par ailleurs, la recherche de solutions alternatives au traitement par voie chimique fait l’objet d’un programme d’études de la part d’EDF. Cas des légionelles Les légionelles, des micro-organismes qui peuvent être pathogènes, peuvent se développer dans les tours aéroréfrigérantes des centrales nucléaires, qui offrent des conditions favorables au développement des bactéries et à leur dispersion dans le panache de vapeur d’eau qu’elles rejettent. Les concentrations en légionelles dans les circuits de refroidissement des circuits secondaires des centrales nucléaires pourvues de tours aéroréfrigérantes sont variables et dépendent de facteurs divers (période de l’année, entartrage, qualité de l’eau d’appoint, existence d’un traitement biocide…). Elles peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers voire plus d’un million d’unités formant colonie par litre (UFC/L), unité traduisant le dénombrement des micro-organismes par unité de volume, pour les centrales nucléaires ne disposant pas de traitement: Belleville-sur-Loire, Cattenom, Cruas-Meysse, Dampierre-en-Burly (réacteurs 2 et 4) et Saint-Laurentdes-Eaux. Elles restent inférieures à cent mille UFC/L sur Bugey, Chooz, Civaux, Dampierre-en-Burly (réacteurs 1 et 3), Golfech, Nogent-sur-Seine et Chinon, dernier site équipé d’une station de traitement à la monochloramine. Pour renforcer la prévention du risque de légionellose, l’ASN, en liaison avec la direction générale de la santé (DGS), a imposé à EDF en 2005 des niveaux maximaux de concentration en légionelles dans les circuits de refroidissement ainsi que des exigences en matière de surveillance des installations. L’ASN constate que les limites qu’elle a fixées sont respectées sur l’ensemble des centrales nucléaires. De plus, à ce jour, aucun cas groupé de légionellose n’a été attribué à une grande tour aéroréfrigérante d’une centrale nucléaire. En parallèle et en liaison avec la DGS et la DGPR, l’ASN a saisi l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) afin de recueillir son avis sur l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux liés à la présence de légionelles dans les circuits de refroidissement des centrales nucléaires dans le but de mieux apprécier les études réalisées par EDF et la stratégie générale en matière de prévention des risques et de surveillance. Deux avis ont été remis par l’AFSSET en 2006 et 2007. Après avoir été critique sur la démarche et les dispositions

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