Rapport annuel de l'ASN 2008

353 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 nucléaire de Fessenheim, des corrections ont été apportées aux études antérieures. Elles ont ainsi permis de fournir une explication de l’événement en mettant en évidence la sensibilité du tube fissuré au phénomène de fatigue vibratoire. Ces nouveaux résultats montrent une plus grande sensibilité des tubes à l’instabilité vibratoire pour certains modèles de GV présents sur les réacteurs de 900 MWe. EDF a entrepris le bouchage des tubes, environ 2500, pour lesquels cette opération présentait le caractère le plus urgent et a baissé la puissance de certains réacteurs pour diminuer le risque de vibration en attendant le bouchage au prochain arrêt de réacteur. Concernant les réacteurs de 1300 MWe, les études corrigées ne montrent pas d’augmentation significative des coefficients caractérisant la sensibilité à la fatigue vibratoire et qui présentent une marge plus importante que sur les réacteurs de 900 MWe. Pour le palier N4, les conditions de circulation du fluide secondaire permettent de conserver les GV dans un état de propreté offrant à court terme des garanties sur l’absence de facteurs aggravants de type colmatage ou encastrement. Compte tenu des inconvénients d’un bouchage massif des tubes en «anomalie de supportage» sur les réacteurs de 1300 MWe, l’ASN a considéré que la possibilité d’un bouchage plus ciblé devait être étudiée. Ainsi, en regard des nouveaux éléments présentés, l’ASN a estimé que les mesures nécessaires à court terme avaient été prises et a suspendu jusqu’à la fin de l’année 2008 sa demande de boucher l’intégralité des tubes en «anomalie de supportage». L’ASN considère cependant que la stratégie à long terme de traitement du phénomène de fatigue vibratoire présentée par EDF reste encore insuffisamment étayée. En conséquence, l’ASN a demandé à EDF en septembre 2008 de lui proposer une nouvelle stratégie intégrant les mesures envisagées pour réduire, sur les tubes en «anomalie de supportage» maintenus en service, le risque d’instabilité vibratoire. Les investigations devront porter en particulier sur les moyens pouvant être mis en œuvre pour détecter les facteurs aggravants connus, dont l’encastrement, et renforcer la surveillance des tubes en «anomalie de supportage» ainsi que sur la révision de certaines études de sensibilité. Anomalie de pose des bouchons Dans le cadre du traitement des tubes «en anomalie de supportage», comme dans le cadre des opérations plus courantes de maintenance, EDF procède à des opérations de bouchage des tubes. Ces opérations consistent à obturer les entrées et sorties des tubes à l’aide de bouchons fixés aux parois des tubes par l’intermédiaire de cannelures qui viennent s’y encastrer. Bien que ces interventions courantes bénéficient d’un retour d’expérience satisfaisant quant à leur efficacité et à la tenue des bouchons dans le temps, les anomalies rencontrées cette année sur le réacteur 2 de Saint-Alban ont remis en cause la fiabilité de ce type d’opérations. En effet, à la suite de l’épreuve hydraulique de ce réacteur, EDF a constaté le 13 mai 2008 qu’un bouchon, qui venait d’être mis en place dans le respect des procédures de pose, avait disparu. Le bouchon qui s’est déplacé en raison des efforts générés par la pression d’épreuve, a été retrouvé à l’autre extrémité du tube. Cette anomalie, qui a été détectée avant la mise en service du circuit, n’a pas eu de conséquence sur la sûreté du réacteur. Toutefois, une telle éjection de bouchon, si elle avait eu lieu pendant le fonctionnement du réacteur, aurait pu conduire à une rupture du tube concerné, comme cela s’est produit en 1989 sur le réacteur 1 de la centrale nucléaire de North Anna (États-Unis). Un examen complémentaire de bouchons posés sur le réacteur 2 de Saint-Alban a révélé que trois autres bouchons, toujours présents dans les tubes, avaient été également mal posés. À la demande de l’ASN, EDF a étendu les examens de pose des bouchons à l’ensemble des réacteurs à l’arrêt. Ces vérifications ont montré qu’un bouchon a également été mal posé sur un GV du réacteur 2 de Penly. Ces anomalies génériques ont été classées au niveau 1 sur l’échelle INES. Désormais, EDF met en œuvre des actions de contrôle avant et après chaque intervention de bouchage des tubes afin de garantir la pose correcte des bouchons. Par ailleurs, EDF a également engagé des actions de contrôle par examen télévisuel de l’ensemble des bouchons déjà posés sur le parc afin de vérifier l’absence d’anomalie apparente. 3⎮ 5 Les enceintes de confinement Les enceintes de confinement font l’objet de contrôles et d’essais destinés à vérifier leur conformité aux exigences de sûreté. En particulier, leur comportement mécanique doit garantir une bonne étanchéité du bâtiment réacteur si la pression à l’intérieur de celui-ci venait à dépasser la pression atmosphérique, ce qui peut survenir dans certains types d’accident. C’est pourquoi ces essais comprennent, à la fin de la construction puis lors des visites décennales, une montée en pression jusqu’à la pression de dimensionnement de l’enceinte interne. Les résultats des épreuves décennales, pour les enceintes des réacteurs de 900 MWe, ont montré jusqu’ici des taux

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