347 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 Au cours de l’année 2008, l’ASN a également porté une attention particulière aux manutentions des assemblages de combustible lors de leur réception sur les sites. L’ASN a réalisé des inspections, qui ont pu mettre en évidence des défaillances dans la déclaration et le traitement de certains événements significatifs affectant du combustible neuf. L’ASN, après analyse des dysfonctionnements, a demandé à EDF une plus grande rigueur d’exploitation et une meilleure transparence face à ce type d’événements. Enfin, l’ASN a demandé à EDF d’analyser les risques de chute des emballages de transport pour chaque palier et de fiabiliser leur manutention afin d’atteindre le meilleur niveau de sûreté sur tous les sites. L’instruction de ces évolutions se poursuivra en 2009. 3⎮ 4 Les circuits primaire et secondaires Les circuits primaire et secondaires principaux (CPP et CSP) des réacteurs, regroupés sous le terme de «chaudière» et présentés au point 1⏐1⏐3, sont des appareils fondamentaux d’un réacteur. Fonctionnant à haute température et haute pression et contribuant à toutes les fonctions fondamentales de sûreté – confinement, refroidissement, contrôle de la réactivité – ils font l’objet d’une surveillance et d’une maintenance poussées de la part d’EDF ainsi que d’un contrôle approfondi de la part de l’ASN. La surveillance de l’exploitation de ces circuits est réglementée par l’arrêté du 10 novembre 1999, cité au chapitre 3, point 2⏐2⏐1. Blocage de deux assemblages de combustible lors des opérations de déchargement du cœur du réacteur 2 du Tricastin Le 8 septembre 2008, lors des opérations de déchargement du cœur du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Tricastin, deux assemblages de combustible sont restés accrochés aux pions de centrage des structures internes supérieures du réacteur. Le déchargement des assemblages de combustible, à l’issue de chaque cycle de fonctionnement d’un réacteur, nécessite l’ouverture de la cuve, puis l’enlèvement des structures internes supérieures. Les opérations ont été interrompues par EDF afin d’éviter tout risque de chute des assemblages dans la cuve dans l’attente de la définition d’une solution appropriée pour leur sécurisation et leur récupération. À la suite de cet événement, l’ASN a demandé à EDF d’analyser les conséquences de la chute éventuelle des assemblages et de définir les actions à mettre en œuvre pour remédier à cet événement. Un événement de même nature était survenu sur la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine en 1998. L’ASN avait demandé à EDF d’analyser les causes de cet événement et de mettre en place les dispositions nécessaires pour éviter son renouvellement. L’ASN a pu constater que ces dispositions se sont avérées insuffisantes pour couvrir les spécificités de la situation survenue sur le site du Tricastin. L’ASN a par ailleurs mené une inspection inopinée le 17 septembre 2008 à la centrale nucléaire du Tricastin afin d’examiner la gestion par EDF de l’événement et les dispositions mises en place pour en limiter les conséquences éventuelles. La solution technique proposée par EDF a fait l’objet d’une analyse de l’IRSN. L’ASN a ainsi considéré que le procédé envisagé était satisfaisant. Afin de qualifier l’outil, l’intervention a été réalisée une première fois sur une maquette de taille réelle, le 17 octobre 2008, au centre d’expérimentation et de validation des techniques d’intervention sur les chaudières nucléaires à eau pressurisée de Chalon-sur-Saône. L’ASN a assisté à ces opérations et a pu juger des bonnes conditions de sûreté et de sécurité de l’intervention. Les opérations successives de sécurisation des assemblages, de désolidarisation, puis d’extraction des structures internes supérieures ont été réalisées sur le site du Tricastin les 24 et 25 octobre 2008 et ont permis le déchargement des deux assemblages et du reste du cœur de manière satisfaisante. Cet événement n’a pas conduit à des rejets à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte de confinement du bâtiment réacteur et le refroidissement des assemblages a toujours été assuré. L’événement a été classé au niveau 1 sur l’échelle INES. Le réacteur 2 du Tricastin a été autorisé à redémarrer en décembre 2008. Dans une première analyse transmise à l’ASN, EDF explique le blocage des assemblages par la découverte d’un jeu qui a généré un décalage entre les pions des structures internes supérieures et l’embout des assemblages. Ce jeu proviendrait de corps étrangers, reposant sur la plaque inférieure de cuve, ayant entraîné une inclinaison des deux assemblages. L’ASN a demandé à EDF de renforcer la surveillance des corps étrangers et de lui transmettre une analyse approfondie et les enseignements qu’il tire de cet événement.
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