Rapport annuel de l'ASN 2008

337 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 10 août 1984 dans le système de management du projet, en particulier les exigences relatives à la gestion et la surveillance des prestataires, à la gestion des écarts et à la gestion du retour d’expérience, et la place accordée à la sûreté. L’application de ces exigences a été contrôlée à la fois au niveau des services d’ingénierie et du chantier de Flamanville. L’ASN a constaté lors de ces inspections des difficultés dans la mise en œuvre du référentiel documentaire de la conception détaillée sur le chantier ainsi qu’un manque de rigueur dans les échanges entre les services en charge des études et le chantier. L’ASN estime que, si la sûreté est effectivement prise en compte au sein du management du projet et des activités de construction, EDF doit améliorer la culture de sûreté1 des différents intervenants et assurer la priorité de la sûreté par rapport aux autres contraintes liées au projet. L’ASN estime également que l’application des exigences de l’arrêté du 10 août 1984 reste perfectible. Le contrôle des activités de construction sur le site de Flamanville 3 Sur le chantier de la construction, l’ASN a réalisé quatorze inspections en 2008, avec l’appui de l’IRSN. Celles-ci ont porté en particulier sur les thèmes techniques suivants: – le génie civil; –l’assemblage de la peau d’étanchéité métallique interne de l’enceinte de confinement du réacteur; –l’impact du chantier sur la sûreté des réacteurs de Flamanville 1 et 2. À l’issue des inspections menées en 2008 et de l’examen des écarts, l’ASN estime que, outre les difficultés d’application du référentiel documentaire sur le chantier et d’application des exigences de l’arrêté du 10 août 1984, EDF doit également améliorer la culture de sûreté des différents intervenants sur le chantier (titulaires de contrat et sous-traitants). Concernant la maîtrise des risques du chantier vis-à-vis de la sûreté des réacteurs voisins en exploitation, en amont de chaque phase du chantier, l’ASN a réalisé avec l’IRSN, un examen de l’analyse de risques pour la sûreté des deux réacteurs voisins. En 2008, les risques suivants ont été examinés par l’ASN et l’IRSN: –la réalisation de la galerie inter-tranches entre la future installation de Flamanville 3 et le site de Flamanville 1 et 2. À l’issue de l’analyse menée par l’IRSN, l’ASN a demandé la mise en place de mesures spécifiques de protection du câble d’alimentation de l’installation de Flamanville 2, câble surplombant les activités d’excavation de la galerie; –le risque de chute des grues mobiles (en cours d’instruction). Certaines mesures présentées par EDF afin de maîtriser les risques générés par le chantier sur les installations voisines ont été notifiées à EDF dans les prescriptions prises pour l’application du DAC. Par ailleurs, l’ASN a engagé, avec l’IRSN, un examen détaillé des causes et du traitement des écarts les plus significatifs pour la sûreté. En 2008, les événements suivants, relevant essentiellement du domaine du génie civil et des ESPN, ont été traités: – apparition de fissures à la suite de la coulée d’un bloc de béton composant le radier de l’îlot nucléaire de l’EPR Chantier de construction de l’EPR à Flamanville (Manche) – Mars 2008: assemblage sur place de la peau d’étanchéité métallique interne de l’enceinte de confinement du réacteur Chantier de construction de l’EPR à Flamanville (Manche) – Septembre 2008: construction du bâtiment réacteur muni de sa peau d’étanchéité métallique interne 1. La «culture de sûreté», telle que définie par l’AIEA, s’entend comme l’ensemble des caractéristiques et attitudes qui, dans les organismes et chez les individus, font que les questions relatives à la sûreté bénéficient, en priorité, de l’attention qu’elles méritent en raison de leur importance.

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