Rapport annuel de l'ASN 2008

335 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 des réacteurs de 900 MWe. Après avoir recueilli à deux reprises l’avis du GPR, l’ASN a demandé à EDF d’apporter certains compléments à ce programme, en particulier en ce qui concerne les moyens lourds de recherche et développement. Les réacteurs nucléaires de 900 MWe sont les réacteurs français les plus anciens en exploitation. Leur troisième réexamen de sûreté est aujourd’hui en cours. Le GPR s’est réuni le 20 novembre 2008 pour examiner le caractère suffisant des modifications qu’EDF envisage d’intégrer pour améliorer la sûreté de ses installations. L’ASN prendra position sur les suites de cet examen. Les troisièmes visites décennales vont avoir lieu à partir du printemps 2009. Lors de ces visites, qui dureront plusieurs mois, le réacteur sera à l’arrêt et des contrôles approfondis seront réalisés. En tenant compte, d’une part, des résultats de ces contrôles et, d’autre part, de l’intégration des modifications issues du réexamen de sûreté, l’ASN prendra position, réacteur par réacteur, sur leur aptitude à poursuivre l’exploitation au-delà de la troisième visite décennale et pour une période allant de trente à quarante ans (voir fiche n° 2). Elle pourra en tant que de besoin demander des contrôles intermédiaires, avant l’échéance des quarante ans. Plus généralement, il est souhaitable que la France, dans le contexte énergétique européen, dispose de capacités d’approvisionnement électrique suffisantes afin de permettre au Gouvernement, si la situation le nécessite, de décider sereinement de la mise à l’arrêt des réacteurs dont le niveau de sûreté ne serait plus jugé acceptable par l’ASN. Une telle décision peut notamment intervenir à l’occasion d’un réexamen de sûreté évoqué ci-dessus. Il importe donc que le renouvellement des moyens de production électrique, quel que soit le mode de production, soit convenablement préparé afin d’éviter l’apparition d’une situation où les impératifs de sûreté nucléaire et d’approvisionnement énergétique seraient en concurrence. 2⎮ 4 Le réacteur EPR Après une période d’une dizaine d’années sans construction de réacteur nucléaire en France, EDF a déposé en mai 2006, auprès des ministres chargés de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, une demande d’autorisation de création d’un réacteur de type EPR d’une puissance de 1600 MWe sur le site de Flamanville, déjà équipé de deux réacteurs d’une puissance de 1300 MWe. Le réacteur EPR, développé par AREVA, est un réacteur à eau sous-pression qui s’appuie sur une conception «évolutionnaire» par rapport aux réacteurs actuellement en exploitation en France, lui permettant ainsi de répondre à des objectifs de sûreté renforcés. Le Gouvernement en a autorisé la création par le décret n° 2007-534 du 10 avril 2007, après un avis favorable rendu par l’ASN à l’issue de l’instruction technique réalisée avec ses appuis techniques. Après délivrance du décret d’autorisation de création (DAC) et du permis de construire, les travaux de construction du réacteur de Flamanville 3 ont débuté au mois de septembre 2007 pour une durée d’environ 5 ans. Les premiers travaux de coulage du béton pour les bâtiments de l’îlot nucléaire ont eu lieu en décembre 2007. Depuis, les travaux de mise en place des ferraillages et de bétonnage se poursuivent. Parallèlement aux activités du chantier sur le site de Flamanville, la fabrication des équipements sous pression, notamment ceux constitutifs des circuits primaire (cuve, pompes, tuyauteries…) et secondaires (GV, tuyauteries…), est en cours dans les ateliers des fabricants (voir fiche n° 5). 2⎮ 4 ⎮ 1 Les étapes jusqu’à la mise en service EDF prévoit de déposer une demande de mise en service de son installation à l’échéance de 2010, pour un premier chargement du combustible dans le réacteur fin 2011 et un fonctionnement à puissance nominale d’ici à la mi2012. En application du décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007 (voir point 2⏐1⏐4 du chapitre 3), l’introduction du combustible nucléaire dans le périmètre de l’installation et le démarrage de cette dernière sont soumis à l’autorisation de l’ASN. Conformément à l’article 20 de ce même décret, l’exploitant doit adresser à l’ASN, un an avant la date prévue pour la mise en service, un dossier comprenant le rapport de sûreté, les règles générales d’exploitation, une Chantier de construction de l’EPR à Flamanville (Manche) – Août 2007: travaux de préparation du site

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