Rapport annuel de l'ASN 2008

320 est prise en compte et qu’elle va dans le sens de l’amélioration de la sûreté est présentée au point 2⏐1⏐4. 2⎮ 1⎮ 1 Le contrôle des facteurs organisationnels et humains Pour l’ASN, les FOH peuvent être définis comme relevant de tous les éléments de la situation de travail et de l’organisation qui ont une influence sur l’activité effective des acteurs du système sociotechnique que constitue une centrale nucléaire. Ces éléments concernent en particulier tout ce qui relève de l’organisation du travail, des effectifs et des compétences, des dispositifs techniques et de l’environnement de travail, c’est-à-dire tous les éléments qui, à un niveau individuel, collectif ou organisationnel, contribuent de façon plus ou moins directe à la réalisation des activités de nature à permettre au système sociotechnique d’assurer ses missions de façon sûre. La démarche de prise en compte des FOH dans les installations existantes, lors de leur exploitation ou lors de modifications, et dans les centrales nucléaires futures, lors de la conception et de la construction, porte sur la totalité de ces éléments de façon à ce que les lignes de défense liées aux FOH couvrent l’ensemble du champ du système sociotechnique. Ainsi une action de formation visant à renforcer les compétences des opérateurs n’aura qu’un effet ponctuel et limité sur le système sociotechnique s’il existe par ailleurs des insuffisances liées aux dispositifs techniques, tels que des outils inadaptés, des repérages insuffisants des matériels ou des informations de l’interface homme-machine inadaptées aux besoins des opérateurs de la conduite du réacteur. Il en serait de même en cas d’insuffisances liées à l’environnement du travail, comme des conditions d’ambiance lumineuse ou sonore inappropriées, ou encore liées à l’organisation du travail dans laquelle, par exemple, la répartition des rôles et des responsabilités serait mal définie ou mal connue des opérateurs. Dans une approche préventive, aussi bien que réactive à la suite de la survenance d’écarts ou d’événements, le caractère approprié des actions d’amélioration dépend de la qualité de l’analyse des causes des écarts et plus largement de tous les éléments qui, dans la situation de travail, peuvent être à l’origine de difficultés et entraîner des actions inappropriées des intervenants. Sans une analyse et un diagnostic détaillé de la situation avant d’élaborer un plan d’action, les actions d’amélioration peuvent ne pas fonctionner sur le terrain, ne pas produire les effets attendus, voire provoquer des effets contraires. Cette démarche d’analyse repose sur des méthodes reconnues dans le domaine des sciences humaines et adaptées de façon à offrir la meilleure garantie possible que les actions d’amélioration couvrent bien le champ des causes notamment humaines qui sont à l’origine des écarts potentiels ou avérés et que ces actions seront bien appliquées sur le terrain. Le contrôle de l’ASN L’ASN considère que l’exploitant doit prendre en compte les FOH non seulement par des actions ponctuelles telles qu’une formation ou une étude d’un poste de travail sous l’angle ergonomique mais encore par une démarche FOH qui est: – intégrée au système de management de la sûreté; –portée par l’engagement de la direction de l’installation à prendre en compte les FOH à la mesure des enjeux pour la sûreté et la radioprotection; –pérenne et s’inscrit dans une vision à long terme de la gestion des risques et dans une perspective d’amélioration continue; –systémique et considère l’ensemble du système sociotechnique: elle ne se limite pas à l’erreur humaine, c’est-àdire aux actions erronées des acteurs de première ligne; –centrée sur l’évaluation et le renforcement des lignes de défense liées à l’activité humaine; –dotée des moyens d’actions appropriés et pérennes, notamment en ressources en personnel qualifié pour traiter les FOH; –fondée sur l’analyse des situations de travail et de l’activité des travailleurs; – menée de manière participative, impliquant toutes les personnes concernées quel que soit leur niveau hiérarchique. L’ASN attend donc de l’exploitant qu’il définisse une politique explicite de prise en compte et de développement des FOH, qu’il se donne les moyens et ressources appropriées pour agir efficacement et qu’il mette en œuvre des actions selon des approches et des méthodologies appropriées, actions pilotées et suivies dans une perspective d’amélioration continue. Le contrôle de l’ASN en matière de FOH s’appuie en particulier sur les inspections réalisées dans les centrales nucléaires. Elles sont l’occasion d’examiner la politique et l’organisation de l’exploitant en matière de FOH, les moyens et ressources engagés notamment en terme de compétences spécifiques, les actions entreprises pour améliorer l’intégration des FOH dans ses activités d’exploitation et d’en apprécier la mise en pratique et les résultats sur le terrain. L’ASN s’appuie également sur les évaluations faites à sa demande par l’IRSN et le groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR). L’intégration des FOH dans les activités d’ingénierie L’ASN considère que l’exploitant doit mettre en œuvre de façon systématique une démarche d’ingénierie des facteurs

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