Rapport annuel de l'ASN 2008

28 contrôle réalisé au sein de l’entreprise italienne Società delle Fucine, un des sous-traitants de la société AREVA NP, en charge de la fabrication de certaines parties en acier du pressuriseur. Cet écart, qui a consisté à employer du matériel non conforme aux normes pour la réalisation des essais, porte sur le non-respect des procédures de réalisation de pièces forgées sous-traitées par le fabricant AREVA NP et relève d’une mauvaise mise en œuvre de la documentation applicable dans la réalisation d’essais mécaniques permettant de vérifier la qualité des pièces fabriquées. Pour l’ASN, cet écart montre une carence du système qualité d’AREVA et du sous-traitant. La réglementation prévoit que le fabricant, AREVA NP, est responsable de la conformité des pièces, y compris lorsqu’il sous-traite une partie de leur réalisation: AREVA NP est donc tenue de mettre en œuvre un système qualité approprié et d’assurer une surveillance efficace sur toute la chaîne de sous-traitance de façon à maîtriser le niveau de confiance accordé aux opérations réalisées. L’ASN constate que la surveillance exercée par AREVA NP n’a pas permis de détecter le non-respect de procédures par son sous-traitant. Par conséquent, le 24 octobre 2008, l’ASN a demandé à AREVA NP d’apporter la démonstration de la conformité des pièces produites. En avril 2008, AREVA NP n’a pas respecté certains points d’arrêt de l’ASN relatif à la fabrication des branches primaires, réduisant ainsi les possibilités de contrôle de l’ASN. En conséquence, l’ASN a demandé à AREVA de réaliser des tests supplémentaires sur les équipements concernés afin d’obtenir une garantie satisfaisante de la qualité des pièces produites. Sur la base des inspections menées, l’ASN estime que la sûreté est prise en compte au sein du management du projet et des activités de construction. Toutefois, l’ASN a pu relever de nombreux écarts qui révèlent des difficultés dans l’application du référentiel documentaire d’EDF sur le chantier et un manque de rigueur dans la réalisation et le contrôle des activités de construction et de fabrication. Pour les ESPN, les principales difficultés proviennent d’une anticipation de la fabrication des équipements sur leur conception détaillée. L’ASN considère que ces écarts montrent que l’application des exigences de l’arrêté du 10 août 1984 est perfectible et que la culture de sûreté des différents intervenants du projet doit être améliorée. CONCLUSION Le contrôle de l’ASN a pour objectif de s’assurer qu’EDF et les fabricants maintiennent toute la rigueur d’exécution à chacune des étapes de la construction du réacteur de Flamanville 3. Par ailleurs, l’ASN participe et participera aux échanges internationaux et à la coopération avec les Autorités de sûreté nucléaire étrangères sur la construction des nouveaux réacteurs dans le but d’enrichir le retour d’expérience. L’ASN considère que les mesures compensatoires mises en œuvre par EDF à la suite des événements survenus en 2008 doivent contribuer au maintien de la qualité de la réalisation de l’installation. Cependant, au vu de ces événements, l’ASN estime qu’EDF doit améliorer sa surveillance et renforcer la sensibilisation de ses prestataires au niveau de qualité et au respect des exigences requis pour une installation nucléaire. Image de synthèse du site finlandais d’Olkiluoto avec le futur réacteur EPR Chantier de l’EPR d’Olkiluoto (Finlande) – Janvier 2009

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=