Rapport annuel de l'ASN 2008

peuvent être très variables et dépendent non seulement des conditions de sa réalisation, mais aussi de la morphologie des patients (voir chapitre 1). Le tableau 2 ci-après présente les parts respectives du nombre d’actes et des doses associées, pour la radiologie conventionnelle, la scanographie, la médecine nucléaire et la radiologie interventionnelle. Les études jusqu’ici réalisées montrent, en général, une assez grande variabilité des doses délivrées pour un examen donné. Ainsi la palette de dose délivrée par les expositions médicales est assez large. Par exemple, en radiologie, des mesures effectuées dans les mêmes conditions, pour un même examen réalisé dans trois hôpitaux (rapport de mission Bonnin/Lacronique, OPRI et SFR, mars 2001), ont mis en évidence des doses (doses à la surface d’entrée sur fantôme) variant d’un facteur 1 à 3 pour un examen lombaire (profil) ou d’un facteur 1 à 10 pour un examen cervical (profil). Dans les cas de la radiologie et de la médecine nucléaire, les niveaux de référence diagnostiques (NRD) permettent de mieux connaître et donc de mieux maîtriser les doses délivrées. Le premier bilan des résultats des évaluations des doses de rayonnements ionisants délivrées aux patients lors des examens de radiologie et de médecine nucléaire, remis le 11 mars 2008 à l’ASN, suite à sa demande, par l’IRSN, souligne des insuffisances dans l’application de la nouvelle réglementation publiée en février 2004. En effet, seuls 65% des services de médecine nucléaire, 8% des services de radiologie classique et 17% des services de scanographie ont transmis au moins une fois des informations sur les NRD au cours des trois dernières années (source IRSN). En médecine nucléaire, les activités administrées sont très variables d’un service à l’autre, d’un pays à l’autre. Même si les doses sont en général plus faibles qu’en radiologie, on peut trouver des variations qui ne sont pas toujours justifiées. Pour une scintigraphie de perfusion pulmonaire réalisée dans le cadre du diagnostic de l’embolie pulmonaire, l’activité administrée peut varier de 100 MBq (PaysBas) à 300 MBq (France), soit une variation de dose estimée délivrée de 1,25 mGy à 3,75 mGy. 6⎮ 2 ⎮ 3 Irradiations accidentelles de patients Les conséquences des événements significatifs de radioprotection sur la santé de patients sont très diverses: –ils affectent le plus souvent un seul patient isolé mais peuvent aussi concerner des cohortes (CH d’Épinal, CHU Toulouse)1; –ils peuvent se traduire par un décès (CH d’Épinal, CHU de Lyon Sud) ou générer des complications graves ou sévères (CHRU de Tours, CHU de Grenoble)2; –elles ne sont en général pas immédiatement connues, nécessitant la mise en place d’une surveillance médicale; –elles peuvent être nulles car l’événement peut, dans certains cas, être compensé dans la suite du traitement. Dès leur déclaration par les responsables d’établissements concernés, en application du guide des déclarations des événements en radioprotection (disponible sur www.asn.fr), l’ASN: –organise une inspection réactive en tant que de besoin avec l’appui technique d’experts (IRSN, SFPM, SFRO…); 9 CHAPITRE LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 267 Guide du bon usage des examens d’imagerie médicale édité par la Société française de radiologie (SFR) 1. Voir le Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2007. 2. Voir La sûreté nucléaire et la radioprotection en France en 2006.

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