Rapport annuel de l'ASN 2008

265 CHAPITRE LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 9 dépassement de la limite de dose annuelle aux extrémités (500 mSv) a été recensé (dans le secteur de la radiologie). Chaque cas de dépassement doit donner lieu à une déclaration d’événement significatif par l’exploitant de l’activité nucléaire à l’ASN. Il fait l’objet d’une investigation particulière, en relation avec le médecin du travail et en collaboration éventuelle avec l’inspection du travail (circulaire du 16 novembre 2007 relative à la coordination de l’action des inspecteurs de la radioprotection et des inspecteurs et contrôleurs du travail en matière de prévention des risques liés aux rayonnements ionisants). 6⎮ 1 ⎮ 3 Événements significatifs de radioprotection susceptibles d’affecter du personnel médical Au cours de l’année 2008, 15 déclarations d’événements significatifs de radioprotection ont été transmises à l’ASN concernant des personnes travaillant dans des installations médicales. Fin 2008, l’ASN n’a eu connaissance que d’un seul événement déclaré à l’origine d’un dépassement du quart d’une limite de dose réglementaire. Il s’agit de la contamination ponctuelle de l’extrémité de l’index d’un opérateur au carbone 11, au cours d’une opération de préparation d’une seringue en vue d’un examen TEP et cela malgré le port de gants en latex. L’exposition de l’opérateur au niveau de l’index a été évaluée dans une fourchette de 50 à 250 mSv, ce qui a conduit l’ASN à classer l’événement au niveau 1 de l’échelle INES des événements relatifs à la radioprotection. Un autre événement, dû au dysfonctionnement d’un ventilateur d’extraction d’une cellule blindée dans un service de médecine nucléaire après une panne d’électricité, a conduit à une exposition interne de trois agents au fluor18. Deux événements, en cours d’instruction, ont conduit à l’exposition de manipulatrices de médecine nucléaire soit par l’ingestion de thallium 201 soit par éclaboussement de fluor 18 lors de la manipulation d’une seringue. Sept événements, dus à la présence d’opérateurs dans la salle de traitement (radiothérapie ou scanner) pendant l’émission de rayonnements ionisants (3 concernaient du personnel de maintenance ou des stagiaires) ont également été déclarés à l’ASN. Enfin, 2 événements ont été déclarés du fait de valeurs anormales de dose relevées sur deux dosimètres passifs; des investigations sont en cours pour déterminer l’origine des doses enregistrées. 6⎮ 2 La radioprotection des patients Les expositions des patients aux rayonnements ionisants se distinguent des autres expositions (travailleurs, population) Situation de la radioprotection dans les services de médecine nucléaire L’ASN a inspecté près de 90 services de médecine nucléaire en 2008 (soit près de 38% du nombre de services implantés en France1). En termes de radioprotection des travailleurs, les actions engagées par les services de médecine nucléaire au cours de ces dernières années méritent d’être poursuivies pour ce qui concerne notamment l’évaluation des risques conduisant à la délimitation des zones réglementées, l’élaboration des analyses des postes de travail permettant de définir le classement du personnel en catégorie A ou B, la réalisation et la traçabilité des contrôles techniques de radioprotection et d’ambiance, la formation à la radioprotection des travailleurs, ou les modalités d’intervention des entreprises extérieures. En ce qui concerne la radioprotection des patients, la situation est contrastée d’un service à l’autre: des points forts et des axes de progrès ont été relevés par les inspecteurs de l’ASN. Par exemple, malgré la présence effective d’une personne spécialisée en radiophysique médicale (interne ou externe à l’établissement), l’organisation de la radiophysique médicale reste à formaliser dans la plupart des établissements hospitaliers. En revanche, d’autres démarches sont d’ores et déjà bien intégrées dans la plupart des services: ainsi, 65% des services de médecine nucléaire2 ont transmis au moins 1 fois à l’IRSN les données dosimétriques nécessaires pour évaluer les niveaux de référence diagnostiques. 1. Y compris les départements de l’Outre-Mer 2. Source: «Analyse des données relatives à la mise à jour des niveaux de référence diagnostiques en radiologie et en médecine nucléaire Bilan 2004-2006» / IRSN

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