Rapport annuel de l'ASN 2008

manipuler en laboratoire (cas de la radio-immunologie). Des dispositions sont également à prévoir pour la collecte, l’entreposage et l’élimination des déchets et effluents radioactifs produits dans l’installation. Sur le plan radiologique, le personnel est soumis à un risque d’exposition externe, en particulier au niveau des doigts, du fait de la manipulation de solutions parfois très actives (cas du fluor 18, de l’iode 131 ou de l’yttrium 90 en radio-immunothérapie), ainsi qu’à un risque d’exposition interne par incorporation accidentelle de substances radioactives. Par ailleurs, les patients éliminant la radioactivité administrée par les urines, celles-ci feront l’objet d’un traitement spécial pour limiter les rejets dans le domaine public. Dans ces conditions, les services de médecine nucléaire doivent répondre à des règles d’aménagement spécifiques dont les dispositions essentielles sont décrites ci-dessous. Implantation et distribution des locaux Les locaux d’une unité de médecine nucléaire sont situés à l’écart des circulations générales, clairement séparés des locaux à usage ordinaire, regroupés afin de former un ensemble d’un seul tenant permettant la délimitation aisée de zones réglementées et hiérarchisés par activités radioactives décroissantes. Ils comprennent au minimum: –un sas-vestiaire pour le personnel, séparant les vêtements de ville de ceux de travail; –des salles d’examen et de mesure et des pièces réservées à l’attente, avant examen, des patients; –des locaux de stockage et préparation des sources non scellées (laboratoire chaud); – une salle d’injection attenante au laboratoire chaud; –des installations pour la réception des sources radioactives livrées et pour le stockage des déchets et des effluents radioactifs. Aménagement des locaux Les murs sont dimensionnés pour assurer la protection des travailleurs et du public séjournant à leur périphérie. Les revêtements des sols, des murs et des surfaces de travail sont constitués en matériaux lisses, imperméables, sans joints et facilement décontaminables. Les éviers sont dotés de robinets à commande non manuelle. Le sas-vestiaire doit être muni de lavabos et d’une douche et le sanitaire réservé aux patients ayant subi une injection doit être relié à une fosse septique, raccordée directement au collecteur général de l’établissement. Le laboratoire chaud est doté d’une ou plusieurs enceintes blindées pour le stockage et la manipulation des sources radioactives protégeant contre les risques d’exposition interne et de dispersion de substances radioactives. Ventilation de la zone contrôlée Le système de ventilation doit maintenir les locaux en dépression et assurer un minimum de cinq renouvellements horaires de l’air. Il doit être indépendant du système général de ventilation du bâtiment et l’extraction de l’air vicié doit s’effectuer sans risque de recyclage. Les enceintes blindées de stockage et de manipulation des produits radioactifs du laboratoire chaud doivent être raccordées sur des gaines d’évacuation indépendantes et équipées de filtres. Des réflexions sont engagées par l’ASN afin de réviser les exigences réglementaires issues de l’arrêté du 30 octobre 1981 qui précise les conditions d’emploi des radioéléments artificiels utilisés en sources non scellées à des fins médicales. Collecte et entreposage des déchets solides et des effluents liquides radioactifs L’arrêté du 28 juillet 2008 portant homologation de la décision n° 2008-DC-0095 de l’ASN du 29 janvier 2008 fixe les règles techniques auxquelles doivent satisfaire l’élimination des déchets et des effluents contaminés par les radionucléides. Ce nouveau texte, élaboré par l’ASN, rend opposable les grands principes de gestion des déchets et des effluents contaminés précédemment introduits par la circulaire DGS/DHOS n° 2001/323 du 9 juillet 2001. D’une manière générale, les services de médecine nucléaire disposent d’un local destiné à entreposer les déchets contaminés par les radionucléides en attente d’élimination. Les effluents liquides contaminés sont, quant à eux, dirigés vers un système de cuves d’entreposage avant d’être rejetés dans le réseau d’assainissement. Inspection de la division de Nantes de l’ASN dans le local des déchets radioactifs du CHU de Nantes (Loire-Atlantique) – Septembre 2007 258

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