d’approvisionnement en générateurs de technétium 99m, liées à l’arrêt simultané de l’ensemble des réacteurs nucléaires européens qui fabriquent le molybdène 99, qui constitue la matière première de ces générateurs. Le technétium 99m, qui est le radionucléide utilisé dans environ trois quarts des examens de médecine nucléaire (cf. tableau 2), est produit par désintégration radioactive du molybdène 99, dans un générateur, d’où il est élué par du sérum physiologique. La forme chimique de ce technétium 99m, sa courte période radioactive (6 heures) et la faible énergie de son rayonnement gamma en font l’un des radionucléides les plus utilisé en médecine nucléaire et l’un des moins irradiants pour le patient. L’activité administrée à un patient pour un examen est généralement de l’ordre de quelques centaines de mégabecquerels (MBq). La pénurie partielle a laquelle ont été confrontées les unités de médecine nucléaire a été gérée de différentes façons. Ainsi dans certains services de médecine nucléaire où les quantités de technétium 99m administrées étaient plus élevées que le strict nécessaire, celles-ci ont pu être optimisées, c’est-à-dire réduites mais sans altérer le diagnostic. Cette conséquence de la crise, si elle conduit à une optimisation durable des pratiques, peut être considérée comme positive du point de vue de la radioprotection. Certains examens ont pu être réalisés en remplaçant le technétium 99m par un autre radionucléide (par exemple, le thallium 201 pour les scintigraphies cardiaques ou l’iode 123 pour les scintigraphies thyroïdiennes). Ces substitutions, qui ne sont pas toujours possibles selon les indications des examens, conduisent toutefois le plus souvent à une exposition plus élevée du patient; elles requièrent donc de la part du médecin nucléaire une évaluation de la justification au regard notamment de l’urgence de l’examen. D’autres examens de médecine nucléaire ont pu être remplacés par d’autres techniques d’imagerie (radiologie/scanner, IRM, échographie). Néanmoins, l’information diagnostique obtenue par ces techniques n’est pas toujours équivalente et la justification de la réalisation des actes de remplacement utilisant des rayonnements ionisants doit être évaluée. Enfin, hormis le cas du diagnostic de l’embolie pulmonaire, certains examens de médecine nucléaire ont été reportés. 2⎮ 1⎮ 5 Les nouveaux traceurs en médecine nucléaire Depuis quelques années, des recherches visant à la mise au point de nouveaux traceurs radioactifs se développent en France et dans le monde. Elles concernent principalement la tomographie par émission de positons (TEP) et la radiothérapie interne vectorisée. L’installation de nombreuses caméras TEP a ouvert la voie à des recherches visant à évaluer l’intérêt de nouveaux radiopharmaceutiques émetteurs de positons. De nombreuses recherches concernent des molécules marquées par le fluor 18 (FLT, F-DOPA, F-MISO, FES, FET, F-choline…), qui pourraient compléter le FDG, seul traceur couramment utilisé en TEP jusqu’à ce jour. Par ailleurs, des recherches s’intéressent également à de nouveaux radionucléides émetteurs de positons. Un essai clinique concernant le gallium 68 (qui présente l’avantage d’être produit par un générateur comme le technétium 99m) est actuellement en cours. Des projets concernant l’iode 124 ou le rubidium 82 pourraient bientôt voir le jour. Dans le domaine de la radiothérapie interne vectorisée, la plupart des recherches en cours concernent la radio-immunothérapie (utilisation d’anticorps marqués par un radionucléide) à l’yttrium 90. De prochaines recherches pourraient concerner de nouveaux radionucléides émetteurs bêta (lutétium 177 par exemple) ou alpha (radium 223, astate 211…). La mise en service du cyclotron Arronax à Nantes, dont l’une des finalités est de produire de nouveaux radiopharmaceutiques, devrait conduire au développement de nouvelles recherches. L’utilisation de nouveaux radiopharmaceutiques en médecine nucléaire nécessite d’intégrer le plus en amont possible les exigences de radioprotection associées à leur utilisation. En effet, compte tenu des activités mises en jeu, des caractéristiques des radionucléides et des protocoles connus de préparation et d’administration, l’exposition des opérateurs, en particulier au niveau de leurs mains, pourrait atteindre ou dépasser les limites de doses fixées dans la réglementation. L’ASN a engagé, outre le rappel des exigences réglementaires, des actions de sensibilisation, notamment en incitant au développement de systèmes automatisés de préparation et/ou d’injection de ces produits radioactifs. 2⎮ 2 Les règles d’aménagement et de fonctionnement d’un service de médecine nucléaire Compte tenu des contraintes de radioprotection liées à la mise en œuvre de radionucléides en sources non scellées, les services de médecine nucléaire doivent être conçus et organisés pour recevoir, stocker, préparer puis administrer aux patients des sources radioactives non scellées ou les 9 CHAPITRE LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 257
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=