Rapport annuel de l'ASN 2008

242 Organisation d’une mission d’assistance pour un travailleur tunisien irradié Le 30 avril 2008, l’ASN, en tant qu’Autorité compétente, a été sollicitée par la Tunisie, dans le cadre d’une demande d’assistance à la suite d’un accident radiologique survenu le 23 mars 2008. Un jeune Tunisien, aide-opérateur dans une société industrielle privée a, ce jour-là, été victime d’une irradiation provoquée par un appareil de gammagraphie contenant une source d’iridium d’une activité approximative de 2,9 TBq qu’il aurait tenue dans ses mains ainsi que dans sa poche pendant plusieurs minutes. Le 19 avril, le Centre national de radioprotection tunisien (CNRP) a été informé de cette irradiation et a pris des contacts informels avec l’IRSN et l’hôpital d’instruction militaire Percy à Paris. La Mission permanente de la République Tunisienne auprès des Organisations internationales à Vienne a saisi, le 29 avril, l’AIEA et a indiqué que les autorités tunisiennes souhaitaient solliciter l’aide de la France en vue d’obtenir un avis médical sur l’état de la victime et son hospitalisation dans un établissement spécialisé, sachant que les frais de transports, d’hospitalisation et de traitement seraient pris en charge par le ministère de la Santé tunisien. Le 30 avril, après consultation du ministère des Affaires étrangères et accord de l’hôpital Percy, l’ASN a informé les autorités tunisiennes, via l’AIEA, que la France était en mesure d’assurer la prise en charge médicale de la victime à l’hôpital Percy. En raison de l’urgence et du pronostic réservé sur l’état de la victime, la victime est arrivée à l’hôpital Percy le 1er mai et a été prise en charge immédiatement par le service de chirurgie. Il a été traité par une autogreffe de peau associée à une thérapie cellulaire par administration locale de cellules souches mésenchymateuses. La plupart des lésions ont régressé. Quelques récidives ponctuelles très limitées ont été à nouveau traitées à l’hôpital Percy par le même protocole. À la demande de l’AIEA et de la Tunisie, l’ASN a participé, en novembre 2008, à une mission d’audit concernant l’organisation de la Tunisie en situation d’urgence radiologique. Cette mission avait pour objectif d’examiner l’organisation mise en place par le gouvernement tunisien et les exploitants nucléaires pour anticiper et gérer les situations d’urgence radiologique, au regard des normes publiées par l’AIEA. Dans ce cadre, les membres de l’équipe d’audit ont rencontré les différents acteurs susceptibles d’être impliqués dans la gestion d’une crise, notamment le Centre national de radioprotection (CNRP), l’Office national de la protection civile ainsi que le Centre national des sciences et technologies nucléaires (CNSTN), qui dispose de moyens mobiles de mesure et exploite par ailleurs des installations d’irradiation. À la suite de cette mission, un rapport présentant les conclusions de l’audit a été remis par l’AIEA aux autorités tunisiennes. concernant la préparation et l’organisation de l’Afrique du sud en situation d’urgence radiologique. Cette mission a permis d’identifier plusieurs axes de progrès concernant notamment la réalisation des exercices, l’organisation générale en situation d’urgence radiologique, la mise en place des structures d’expertise nécessaires pour apprécier la situation technique et l’aménagement du centre d’urgence de l’Autorité Sud-Africaine. L’ASN a initié une démarche de visites d’organismes en charge de la gestion de situations d’urgence. À ce titre, l’ASN a rencontré ses homologues étrangers et a pu observer des exercices de crise en Espagne (juin 2008) au Canada (septembre 2008) et au Japon (octobre 2008). Forte de ces expériences, l’ASN souhaite améliorer encore sa propre organisation dans un souci d’amélioration continue. 2⎮ 2 ⎮ 2 Les relations multilatérales Les mesures en matière de protection des populations sont différentes selon les états en termes de réglementation et de recommandations. En particulier, les recommandations d’ingestion de comprimés d’iode varient de part et d’autre de la frontière. Or, certaines centrales nucléaires de production d’électricité françaises sont implantées à proximité immédiate des frontières (centrales de Bugey, Cattenom, Chooz, Fessenheim et Gravelines). Depuis 2007, des travaux sont en cours avec les pays frontaliers pour harmoniser les modalités de gestion des situations d’urgence radiologique (voir encadré au point 1⏐3⏐2). L’ASN a participé aux travaux de l’AIEA visant à mettre en œuvre un plan d’action des autorités compétentes en vue d’améliorer l’échange d’information international en cas de situation d’urgence radiologique. Dans le cadre de ce plan d’action, l’ASN collabore à la définition de la stratégie des besoins et des moyens d’assistance internationale et à la création du réseau de réponse aux demandes d’assistance (ERNET). En outre, l’ASN collabore avec l’AEN pour définir une stratégie pour la réalisation des exercices internationaux.

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