Rapport annuel de l'ASN 2007

d’améliorer la gestion des déchets et de contrôler avec attention les installations et les quantités de déchets qui y sont entreposés. Dans les faits, ces inspections ont montré que les conditions d’exploitation conduisaient à un encombrement parfois important des installations en raison, par exemple, de difficultés rencontrées par les sites dans l’évacuation des déchets (dysfonctionnement de certaines presses à compacter, production de colis non conformes, résorption des stocks). En 2006, l’ASN a demandé à EDF de définir un nouveau référentiel d’exploitation relatif à la gestion des déchets dans les bâtiments BAN, BAC et BTE afin de remédier à cette situation et d’assurer la disponibilité des équipements de conditionnement. L’ASN a demandé que ce référentiel s’appuie sur une analyse de risques exhaustive. Plusieurs actions ont été menées par EDF, notamment un état des lieux des bâtiments, une comparaison entre les pratiques actuelles et celles définies à la conception ainsi qu’une diminution progressive des quantités de déchets entreposés dans ces bâtiments. L’ASN a suivi l’avancement de l’élaboration du référentiel précité qui a abouti en fin 2007. L’ASN mènera son instruction en 2008. 4⎮ 4 La protection contre les autres risques et les nuisances 4⎮ 4 ⎮ 1 Le risque microbiologique Cas des amibes Comme présenté au paragraphe 1⏐1⏐1, le condenseur est un échangeur thermique qui permet d’assurer le refroidissement des circuits secondaires. Les échangeurs les plus anciens sont en laiton, les plus récents en acier inoxydable ou en titane car ils entraînent moins de rejets de métaux par usure que le laiton (qui génère des rejets de cuivre et de zinc). Les amibes, des micro-organismes qui peuvent être pathogènes, ne se développent pas dans les circuits munis de condenseurs en laiton, en raison d’un effet toxique sur elles du cuivre, mais peuvent se développer dans les échangeurs en acier ou en titane. Afin de respecter la valeur limite fixée par les autorités sanitaires, les centrales nucléaires du Bugey, de Chooz, de Dampierre, de Golfech et de Nogent-sur-Seine font l’objet d’un traitement biocide à la monochloramine, dont il résulte des rejets de substances chimiques. La centrale nucléaire de Civaux met en œuvre un traitement de désinfection par rayons ultraviolets des purges des eaux de refroidissement rejetées, en raison de la plus forte sensibilité du milieu récepteur, en l’occurrence la Vienne, aux rejets issus d’un traitement chimique. Par ailleurs, la recherche de solutions alternatives au traitement par voie chimique fait l’objet d’un programme d’études de la part d’EDF. Cas des légionelles Les concentrations en légionelles dans les circuits de refroidissement des circuits secondaires des centrales nucléaires pourvues de tours aéroréfrigérantes sont variables et dépendent de facteurs divers (période de l’année, entartrage, qualité de l’eau d’appoint, existence d’un traitement biocide…). Elles peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers voire plus d’un million d’unités formant colonie par litre (UFC/L, unité traduisant le dénombrement des micro-organismes par unité de volume) pour les centrales nucléaires ne disposant pas de traitement: Belleville, Cattenom, Cruas, Dampierre (réacteurs 2 et 4) et Saint-Laurent-des-Eaux. Elles restent inférieures à cent mille UFC/L sur Bugey, Chooz, Civaux, Dampierre (réacteurs 1 et 3), Golfech, Nogent-sur-Seine et Chinon, dernier site équipé d’une station de traitement à la monochloramine. Pour renforcer la prévention du risque de légionellose, l’ASN, en liaison avec la Direction générale de la santé (DGS), a imposé à EDF en 2005 des niveaux maximaux de concentration en légionelles dans les circuits de refroidissement ainsi que des exigences en matière de surveillance des installations. En parallèle et en liaison avec la DGS et la DPPR, l’ASN a saisi l’agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) afin de recueillir son avis sur l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux liés à la présence de légionelles dans les circuits de refroidissement des centrales nucléaires. Cet avis doit permettre à l’ASN de mieux apprécier les études réalisées par EDF et sa stratégie générale en matière de prévention des risques et de surveillance. Sur la base d’une première expertise remise par l’AFSSET en avril 2006, l’ASN a demandé à EDF d’approfondir son analyse sur plusieurs points: –la démonstration du caractère spécifique des grandes tours des centrales nucléaires par rapport aux tours classiques en ce qui concerne les concentrations en légionelles dans l’environnement résultant de la dispersion du panache; –le renforcement des dispositions de surveillance des installations ; –l’examen des moyens permettant de réduire autant que possible le développement des légionelles dans les circuits de refroidissement; – l’exploitation des résultats d’études épidémiologiques. EDF a apporté, en décembre 2006, les réponses à ces demandes qui ont été complétées, en février 2007, par 350

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