Rapport annuel de l'ASN 2007

351 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 l’envoi à l’ASN d’un programme d’actions en vue de réduire les niveaux de colonisation en légionelles des circuits. La volonté d’EDF est de trouver le meilleur équilibre possible entre des dispositions préventives ou curatives impliquant : –des moyens générant peu ou pas de rejets chimiques (propreté et entretien des circuits, limitation de la formation de tartre et du biofilm, traitement de l’eau d’appoint) ; –des moyens complémentaires entraînant des rejets chimiques, qu’ils soient préventifs (vaccination acide contre la formation de tartre) ou curatifs (traitements biocides). En outre, EDF a mis en œuvre des mesures et prévoit des études complémentaires afin d’assurer une surveillance plus efficace de ses installations, par exemple en améliorant la représentativité des points de prélèvement, le suivi de l’entartrage et de paramètres physiques et chimiques, le recours à des méthodes de détermination rapide des légionelles ou encore l’augmentation des fréquences d’analyses selon la colonisation des circuits. Parallèlement, l’AFSSET a poursuivi son expertise et examiné en particulier l’impact sanitaire et environnemental des traitements biocides supplémentaires qui pourraient être mis en œuvre pour réduire davantage les concentrations en légionelles. L’ASN a également demandé à l’AFSSET de prendre position sur le caractère complet du programme d’actions d’EDF et sur l’équilibre entre les différents axes de travail proposés. L’AFSSET a rendu en octobre 2007 à l’ASN un avis sur les actions destinées à réduire les colonisations en légionnelles. Elle réitère sa «recommandation relative au besoin urgent de trouver des solutions alternatives ou complémentaires aux traitements biocides» notamment par un traitement de l’eau d’appoint, piste dès à présent examinée par EDF. Cet avis est en cours d’exploitation par l’ASN. L’AFSSET constate que le plan d’actions 2007 d’EDF comporte des améliorations importantes par rapport aux démarches présentées précédemment mais considère cependant que des efforts supplémentaires doivent être réalisés en particulier pour poursuivre l’analyse des risques, renforcer les plans de surveillance, améliorer les modalités de contrôle, poursuivre l’évaluation des solutions complémentaires. 4⎮ 4 ⎮ 2 La prévention de la pollution accidentelle des eaux En application de l’arrêté du 31 décembre 1999 modifié, cité au paragraphe 2⏐2⏐1 du chapitre 3, l’ASN avait imposé en 2006 certains travaux de mise en conformité des installations, en particulier des réservoirs d’effluents. L’année 2007 a été marquée par l’achèvement des travaux relatifs aux rétentions des réservoirs d’effluents. 4⎮ 4 ⎮ 3 Le bruit En matière de nuisance sonore, l’impact des installations est réglementé par l’arrêté du 31 décembre 1999 modifié, précité. L’arrêté limite le bruit causé par les installations, appelé «émergence sonore» des installations, c’est-à-dire la différence entre le niveau de bruit ambiant lorsque l’installation fonctionne et le niveau de bruit résiduel lorsque l’installation est à l’arrêt. À titre d’exemple, cette différence ne doit pas excéder 3 dB (A) de nuit. Les niveaux de concentration en légionelles dans les grandes tours de refroidissement des centrales nucléaires Les niveaux de concentration en légionelles à ne pas dépasser dans les circuits de refroidissement des circuits secondaires sont de 5.106 UFC/L pour les centrales nucléaires munies d’aéroréfrigérants de grande taille (150 m de hauteur environ), et de 5.105 UFC/L pour la centrale nucléaire de Chinon dont les tours de refroidissement sont de taille plus modeste (28 m). Pour les circuits autres que le circuit de refroidissement des circuits secondaires (circuits de climatisation par exemple), il est demandé l’application des prescriptions en vigueur pour les installations classées pour l’environnement. La centrale nucléaire de Chinon est dotée depuis 2005 d’une unité de traitement à la monochloramine utilisée pour traiter les légionelles. Cette installation qui a nécessité la mise à jour de l’arrêté de rejets permet de respecter le niveau de concentration en légionelles fixé par l’ASN. Pour les autres centrales nucléaires dépourvues de traitements spécifiques, la valeur de 5.106 UFC/L est respectée par les mesures préventives usuellement mises en place par EDF afin de limiter le développement du biofilm et la formation de tartre dans les circuits.

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