Rapport annuel de l'ASN 2007

froide de certaines centrales nucléaires. Elles ont également entraîné des températures élevées de l’air, qui ont provoqué une augmentation de la température des locaux des centrales nucléaires. Au cours de ces épisodes de canicule et de sécheresse, il est apparu que certaines limites physiques, jusqu’alors prises en compte pour le dimensionnement des centrales nucléaires ou imposées par leurs RGE, ont été atteintes. Ainsi, pour les réacteurs du palier CPY, l’ASN a entamé en 2006 l’examen du référentiel «grands chauds» proposé par EDF afin de réexaminer le fonctionnement des installations dans des conditions plus sévères que celles retenues à la conception. L’ASN a pris position sur une partie de ce référentiel en 2007 et prendra position sur son intégralité en 2008. Ces référentiels sont encore en cours d’élaboration par EDF pour les autres paliers. Durant les trois premières semaines du mois de juillet 2006, des conditions climatiques exceptionnelles ont conduit à une élévation de la température de certains cours d’eau au-delà des valeurs rencontrées historiquement. L’ASN a demandé à EDF une analyse de l’impact d’une éventuelle poursuite de l’élévation de la température de la Loire sur la sûreté des réacteurs de Belleville, Chinon, Dampierre et Saint-Laurent. Une des conséquences de ces études a amené EDF à augmenter la capacité de certains échangeurs thermiques. Cette action a été réalisée à la fin du mois de juin 2007. Les canicules des étés 2003 et 2006 ont aussi généré des difficultés pour concilier, d’une part, le maintien en production des réacteurs en vue de l’approvisionnement en électricité du pays et la sécurité du réseau électrique et, d’autre part, le respect des exigences liées à la protection de l’environnement et à la sûreté nucléaire. Afin d’améliorer sa capacité à répondre à de telles difficultés, l’ASN a organisé, avant l’été 2007, plusieurs réunions avec EDF et la Direction générale de l’énergie et des matières premières du ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables (MEDAD). En outre, dans une note destinée au MEDAD, l’ASN a défini son rôle en cas de canicule et a également mis en place un processus décisionnel en cas de canicule. En parallèle, RTE et EDF ont déclenché un plan «vigilance électrique». Ce plan organise, pour la gestion des aléas climatiques, les interactions entre RTE et les producteurs, d’une part, et la communication des opérateurs électriques envers les pouvoirs publics d’autre part. 3⎮ 7 ⎮ 4 Le risque d’incendie La prise en compte du risque d’incendie dans les centrales nucléaires repose sur le principe de défense en profondeur, fondé sur les trois niveaux que sont la conception des installations, la prévention et l’action de lutte contre l’incendie. Les règles de conception des installations doivent empêcher l’extension d’un incendie éventuel et en limiter les conséquences; elles reposent principalement sur: –le principe de découpage de l’installation en secteurs conçus pour circonscrire le feu dans un périmètre donné, chaque secteur étant délimité par des éléments de sectorisation (portes, murs coupe-feu, clapets coupe-feu…) qui présentent une durée de résistance au feu spécifiée à la conception; –la protection des matériels qui participent de façon redondante à une fonction fondamentale de sûreté. La prévention consiste principalement à: –veiller à ce que la nature et la quantité de matières combustibles présentes dans les locaux restent compatibles avec les hypothèses retenues pour la conception des éléments de sectorisation; –identifier et analyser les risques d’incendie. En particulier, pour tous les travaux susceptibles de provoquer un incendie, un permis de feu doit être établi et des dispositions de protection doivent être mises en œuvre. La lutte contre un incendie doit permettre l’attaque d’un feu et sa maîtrise en vue de son extinction dans des délais compatibles avec la durée de résistance au feu des éléments de sectorisation. Conception En matière de conception, EDF termine le déploiement du plan d’actions incendie (PAI), pour la remise en conformité et l’amélioration de la protection contre l’incendie des réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe. En effet, l’ASN avait constaté en 2006 des retards dans les travaux de réfection des trémies de passage de gaines techniques et de câbles électriques. L’ASN a vérifié en 2007, lors des inspections et de réunions semestrielles avec EDF, l’état d’avancement des travaux et le respect des échéances associées. L’ASN veillera en 2008 à l’achèvement des travaux ne pouvant être réalisés qu’en période d’arrêt de réacteur. Par ailleurs, l’ASN a identifié, lors des inspections réalisées en 2006, des difficultés dans la gestion des ruptures des sectorisations, qu’elles soient programmées (par exemple, lors de la mise en œuvre du PAI) ou fortuites. À la demande de l’ASN, EDF a proposé un référentiel de gestion de la sectorisation qui sera mis en application sur les sites à titre expérimental en 2008. L’ASN analysera en 2008 ce référentiel de gestion. Enfin, pour les réacteurs du palier CPY, l’ASN a demandé en 2007 à EDF de poursuivre les études de modification 342

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