Rapport annuel de l'ASN 2007

Par ailleurs, l’ASN participe également à un groupe de travail constitué par la direction de la prévention des pollutions et des risques (DPPR) et réunissant l’IRSN et le bureau de recherches géologiques et minières. L’objectif de ce groupe de travail est d’effectuer une comparaison des aléas pris en compte et du dimensionnement des constructions entre les installations classées pour la protection de l’environnement et les INB. 3⎮ 7 ⎮ 2 Les inondations À la suite de l’inondation du site du Blayais en décembre 1999, EDF s’est engagé dans une démarche de réévaluation du risque d’inondation externe et de protection de l’ensemble de ses centrales nucléaires contre ce risque. Cette réévaluation porte principalement sur la révision de la cote majorée de sécurité ou CMS (niveau d’eau maximal pris en compte pour dimensionner les ouvrages de protection de la centrale). La CMS révisée prend en compte des causes d’inondations supplémentaires, comme les pluies de forte intensité, la rupture de capacités de stockage d’eau et la remontée de la nappe phréatique. La conduite à appliquer aux réacteurs en cas de montée des eaux est également réévaluée. Un dossier a été établi pour chaque site et les travaux d’amélioration de la protection ont été déterminés. EDF a achevé en octobre 2007 les travaux rendus nécessaires par la réévaluation du risque d’inondation pour ce qui concerne les risques d’entrées d’eau. L’ASN considère que l’avancement des études et des travaux est conforme aux attentes. Néanmoins, pour le cas particulier de la centrale nucléaire du Tricastin, des compléments d’étude sont toujours attendus pour le risque de rupture de barrage. Dans le but de statuer sur la démarche globale de prise en compte du risque d’inondation externe pour les réacteurs d’EDF, mais aussi pour les autres installations nucléaires, l’ASN a demandé l’avis du GPR et du Groupe permanent d’experts pour les laboratoires et usines (GPU). Une réunion conjointe des deux GP a eu lieu les 21 et 22 mars 2007. Pour ce qui concerne les réacteurs d’EDF, le GPR et le GPU ont examiné les trois thèmes suivants: –l’état d’avancement de la méthode d’études et de travaux mise en œuvre par EDF à la suite de l’inondation partielle de la centrale nucléaire du Blayais à la fin de l’année 1999; –les résultats de l’application de cette méthode aux différentes centrales nucléaires, en termes de vulnérabilité du site et de mise en œuvre de dispositions compensatoires de protection, matérielles, procédurales et organisationnelles ; –la vulnérabilité et les dispositions de protection de la centrale nucléaire du Tricastin à l’égard des crues du Rhône, de l’effacement d’une digue du canal de DonzèreMondragon, des précipitations pouvant par exemple entraîner des débordements du cours d’eau «La Gaffière», ainsi que des remontées de la nappe phréatique. L’ASN a suivi les recommandations des GP et a formulé six demandes particulières concernant les risques de rupture de barrage, de circuit ou d’équipement, les risques de crues, les protections contre les pluies et la protection du site du Tricastin. En outre, une difficulté a été soulevée: la sûreté de certaines installations vis-à-vis de l’inondation externe dépend largement du comportement d’ouvrages extérieurs qui n’appartiennent pas à EDF, notamment pour les centrales nucléaires de Cruas et du Tricastin. L’évaluation de la robustesse, de la surveillance et de l’entretien de ces ouvrages nécessitent de lancer des actions selon un processus de décision, a priori complexe, entre les concessionnaires des ouvrages, les autorités et EDF. Dans ce contexte, l’ASN a demandé qu’EDF poursuive les échanges initiés entre les exploitants de ces ouvrages et la tienne informée en cas de difficultés. Parallèlement, le groupe de travail pour la révision de la RFS I.2.e relative à la prise en compte du risque d’inondation a poursuivi son action en 2007. Ce groupe rassemble des experts de l’IRSN, des représentants des exploitants et l’ASN. Le nouveau guide relatif à la protection des INB contre le risque d’inondation portera sur le choix des aléas susceptibles de conduire à une inondation du site et sur les méthodes de caractérisation de l’ensemble de ces aléas. Il concernera toutes les INB. En outre, l’ASN participe à la mise à jour du guide de l’AIEA concernant le risque d’inondation externe pour les sites nucléaires. L’objectif est multiple: – inclure le retour d’expérience; – inclure les études sur les changements climatiques; –avoir un seul guide (remplaçant les différents guides AIEA sur le sujet); – prendre en compte de nouveaux phénomènes; –prendre en compte l’ensemble des installations nucléaires. La publication de ce guide est prévue pour février 2010. 3⎮ 7 ⎮ 3 La canicule et la sécheresse Les conditions météorologiques exceptionnelles constatées depuis l’été 2003 ont conduit à une réduction importante du débit et un échauffement notable de la température des cours d’eau qui constituent la source 12 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 341

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