La RFS V.2.g relative aux calculs sismiques des ouvrages de génie civil a également été révisée et publiée en 2006, sous la forme d’un guide relatif à la prise en compte du risque sismique à la conception des ouvrages de génie civil des INB de surface. Il est le fruit de plusieurs années de travail d’experts français dans le domaine du génie parasismique. Ce texte définit, pour les INB de surface, à partir des données de site, les dispositions de conception parasismique des ouvrages de génie civil ainsi que des méthodes acceptables pour: –déterminer la réponse sismique de ces ouvrages, en considérant leur interaction avec les matériels qu’ils contiennent, et évaluer les sollicitations associées à retenir pour leur dimensionnement; –déterminer les mouvements sismiques à considérer pour le dimensionnement des matériels. Les réévaluations sismiques Dans le cadre des réexamens de sûreté en cours, la réévaluation sismique consiste notamment à actualiser le niveau de séisme à prendre en compte en appliquant la RFS 2001-01. Pour le réexamen de sûreté à trente ans des réacteurs de 900 MWe, l’ASN a demandé à EDF d’étudier le dimensionnement au séisme des bâtiments électriques des réacteurs du palier CPY. Pour les réacteurs du palier CP0, l’ASN a demandé à EDF d’étudier le dimensionnement au séisme des bâtiments de l’îlot nucléaire et des salles des machines. Les études sont en cours pour définir d’éventuelles modifications de matériels ou de structures. Pour ce qui concerne le réexamen de sûreté à vingt ans des réacteurs de 1300 MWe, EDF a étudié la stabilité sous séisme des salles des machines des réacteurs ainsi que la tenue du génie civil du bâtiment électrique et des auxiliaires de sauvegarde. Ces études ont mis en évidence le fait que le dimensionnement d’origine permet de garantir la tenue de ces réacteurs vis-à-vis des séismes réévalués selon la RFS 2001-01, sous réserve de compléments de justification concernant la non agression par la salle des machines du génie civil du bâtiment électrique et des auxiliaires de sauvegarde des réacteurs du palier P’4. Dans le cadre de la préparation des prochaines réévaluations sismiques (réexamen à quarante ans pour les réacteurs de 900 MWe et à trente ans pour les réacteurs de 1300 MWe), l’ASN a constitué un groupe de travail réunissant EDF, l’IRSN et l’ASN. L’objectif de ce groupe de travail est de déterminer les séismes de référence à prendre en compte pour ces prochaines réévaluations. Incident sur la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa Le 16 juillet 2007, un séisme important d’une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter a secoué la région de Niigata au Japon. L’épicentre du séisme est situé à une dizaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa exploitée par la compagnie TEPCO. Au 19 juillet, 67 anomalies ont été recensées sur l’ensemble du site. Parmi celles-ci, selon TEPCO, les plus notables sont les suivantes : – un incendie s’est déclaré sur un transformateur électrique; – l’eau d’une piscine d’entreposage de combustibles a débordé; – plusieurs centaines de fûts se sont renversés dans le bâtiment d’entreposage des déchets solides. Les valeurs d’accélération enregistrées par l’instrumentation de la centrale nucléaire sont supérieures aux valeurs retenues pour la conception. L’ASN est en contact avec l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise, NISA, avec l’ambassade de France à Tokyo ainsi qu’avec les organisations internationales, notamment l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin de pouvoir tirer tous les enseignements de ce séisme. En accord avec le Gouvernement japonais, une délégation de l’AIEA s’est rendue au Japon du 6 au 10 août 2007 et a inspecté la centrale nucléaire de Kashiwazaki. Elle a rendu un rapport préliminaire sur l’impact du séisme sur la centrale nucléaire et les enseignements tirés en matière de sûreté. La délégation a estimé que l’installation s’est comportée de manière sûre pendant et après le séisme, bien que celui-ci ait dépassé de manière significative le niveau pris en compte dans la conception de ces installations. L’ASN a demandé à EDF de tirer les enseignements de ce séisme au Japon pour ses propres installations. 340
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