Les résultats des épreuves décennales, pour les enceintes des réacteurs de 1300 MWe et de 1450 MWe ont permis d’identifier une évolution des taux de fuite de la paroi interne de certaines de ces enceintes. Cette évolution résulte notamment des effets combinés des déformations du béton et de la perte de précontrainte de certains câbles. Bien que ces phénomènes aient été pris en compte à la conception, ils ont parfois été sous-estimés. En conséquence, en cas d’accident, certaines zones de la paroi seraient susceptibles de se fissurer, ce qui conduirait à des fuites. Pour pallier ce phénomène, EDF a mis en œuvre un programme de réparation préventive qui vise à restaurer l’étanchéité des zones les plus affectées. Sur la base d’un avis du GPR réuni sur ce sujet début 2002, l’ASN a donné son accord à EDF sur la stratégie. Ces travaux sont réalisés à chaque visite décennale. À la fin de l’année 2007, treize réacteurs sur vingt-quatre ont été complètement traités. Tous les réacteurs concernés auront fait l’objet de travaux en 2012. 3⎮ 6 Les équipements sous pression Les équipements sous pression, par l’énergie qu’ils sont susceptibles de libérer en cas de défaillance, indépendamment du caractère éventuellement dangereux du fluide qui serait alors relâché, présentent des risques qu’il convient de maîtriser. Ces équipements (récipients, échangeurs, tuyauteries…) ne sont pas spécifiques à la seule industrie nucléaire; ils sont présents dans de nombreux secteurs tels que la chimie, le traitement du pétrole, la papeterie et l’industrie du froid. De ce fait, ils sont soumis à une réglementation établie par le ministère de l’Industrie qui impose les prescriptions en vue d’assurer leur sécurité, pour leur fabrication d’une part, pour leur exploitation d’autre part. Parmi ces équipements, ceux susceptibles d’émettre des rejets radioactifs en cas de défaillance sont appelés équipements sous pression nucléaires et sont réglementés par l’arrêté du 12 décembre 2005. En complément des exigences applicables aux équipements sous pression conventionnels et des textes déjà existants pour les circuits primaire et secondaires des réacteurs, cet arrêté soumet les équipements sous pression nucléaires à des exigences complémentaires de sécurité. Les fabricants et les exploitants disposent d’un délai de cinq ans pour l’appliquer. Les textes réglementaires antérieurs relatifs aux appareils à pression de vapeur et de gaz sont encore applicables pendant cette période transitoire. L’ASN contribue également au contrôle de l’application des règlements relatifs à l’exploitation des équipements sous pression non nucléaires des centrales nucléaires. Ce contrôle consiste à vérifier, par des actions sur site notamment, que l’exploitant applique les dispositions qui lui sont imposées. Parmi les actions effectuées en 2007 par l’ASN, figurent entre autres les audits de reconnaissance et les visites de surveillance des services d’inspection des sites. Ces services sont chargés, sous la responsabilité des exploitants, de mettre en œuvre les actions d’inspection assurant la sécurité des équipements sous pression. La mise en place de ces services d’inspection s’est poursuivie en 2007 mais n’est pas encore étendue à l’ensemble des centrales nucléaires d’EDF. Ces services ne traitent actuellement que les équipements sous pression conventionnels. Parmi les événements survenus en 2007 sur les équipements sous pression (hors circuit primaire et secondaires traités au paragraphe 3⏐4), les sollicitations intempestives des circuits secondaires requièrent une attention particulière. Ces sollicitations, d’origine thermohydraulique, appelées communément coup de bélier, ne sont pas prises en compte à la conception et sollicitent les supportages et certains tronçons des tuyauteries des circuits secondaires. Les sites de Cattenom et de Paluel ont été concernés par de tels événements. L’ASN veillera, dès 2008, à ce qu’EDF identifie les solutions permettant de réduire l’apparition de ces phénomènes et les mettent en œuvre. 3⎮ 7 La protection contre les agressions 3⎮ 7 ⎮ 1 Le séisme Les bâtiments et matériels importants pour la sûreté des centrales nucléaires ont été conçus pour résister à des séismes d’intensité supérieure aux plus forts séismes jamais survenus dans la région du site. Les règles de prise en compte du risque sismique font l’objet de révisions régulières en fonction de l’avancée des connaissances et d’une application rétroactive au cas par cas lors des réexamens de sûreté. Bien que la France ne présente pas un fort risque sismique, ce sujet fait ainsi l’objet d’efforts importants de la part d’EDF et d’une attention soutenue de la part de l’ASN. La mise à jour des règles de conception Il y a plusieurs années, l’ASN a engagé un travail de mise à jour des textes para-réglementaires relatifs à la prise en compte du risque sismique dans les INB. Ainsi, la règle fondamentale de sûreté (RFS) 2001-01 relative à la détermination du risque sismique pour les INB de surface (à l’exception des stockages à long terme des déchets radioactifs) a remplacé en 2001 une règle qui datait de 1981. 12 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 339
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