Rapport annuel de l'ASN 2007

de l’astreinte de la centrale nucléaire et des équipes locales et nationale de crise. Le GIAG et ses évolutions sont en cours d’instruction par l’ASN et son appui technique. L’ASN a également réalisé depuis fin 2006 des inspections portant sur le GIAG, dans les services centraux d’EDF et sur les sites. Lors de l’inspection dans les services centraux d’EDF, l’ASN a apprécié le travail important réalisé sur le sujet en quelques années: actualisation de la note d’étude sur tous les paliers, déclinaison de celle-ci en documents opératoires, mise en œuvre de ceux-ci sur tous les réacteurs du parc et au niveau des équipes locales et nationale de crise, formation à leur utilisation. L’ASN a néanmoins noté la nécessité de mieux formaliser les processus d’élaboration et de vérification des documents. Les inspections sur les sites ont montré que les documents opératoires sont bien intégrés dans les référentiels locaux mais que ceux-ci ne disposent pas toujours des notes d’études les plus récentes. Enfin, l’ASN a demandé au GPR d’examiner en 2008 l’évolution des travaux consacrés aux accidents graves. Les principaux sujets qui seront abordés concernent le référentiel accident grave, les options de conduite relatives à l’injection d’eau, l’utilisation du dispositif de filtration des rejets, le risque de colmatage des puisards et les dispositions de prévention de la contamination par les nappes d’eau souterraines. 3⎮ 2 La maintenance et les essais 3⎮ 2⎮ 1 Les pratiques de maintenance Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, EDF s’est engagé dans une politique de réduction des volumes de maintenance (projet RVM). Son objectif est de renforcer la compétitivité de son parc nucléaire tout en en maintenant le même niveau de sûreté élevé. Il s’agit essentiellement de recentrer les opérations de maintenance sur les équipements dont la défaillance présente des enjeux forts en termes de sûreté, de radioprotection ou d’exploitation. À cet effet, EDF a développé, comme c’est déjà le cas dans l’industrie aéronautique et militaire, la méthode dite d’optimisation de la maintenance par la fiabilité (OMF). Celle-ci permet, à partir de l’analyse fonctionnelle d’un système donné, de définir le type de maintenance à réaliser en fonction de la contribution de ses modes de défaillance potentiels aux enjeux de sûreté, de radioprotection ou d’exploitation. L’ASN a considéré que, dans ses principes, la démarche OMF ne dégradait pas la sûreté. Pour prendre en compte le retour d’expérience sur les sites, EDF a fait évoluer la méthode OMF. Ces évolutions permettent, par exemple, de traiter dorénavant les pertes de redondance et les défaillances de cause commune, ou encore les modes de défaillance non détectables depuis la salle de commande. Dans la poursuite du projet RVM, tirant parti de la standardisation des réacteurs électronucléaires («l’effet parc»), EDF déploie actuellement le concept de maintenance par «matériels témoins». Ce type de maintenance cherche à tirer profit de la constitution de familles techniques homogènes de matériels semblables et exploités de la même manière dans les centrales nucléaires du parc. Pour EDF, la sélection et le contrôle approfondi d’un nombre réduit de ces matériels, jouant alors le rôle de matériels témoins au sein de ces familles, peut, dans le cas où aucune dégradation n’est détectée, éviter un contrôle de la totalité des matériels de la famille. L’ASN demeure vigilante quant à la bonne prise en compte par EDF du retour d’expérience du comportement des matériels concernés par ces évolutions de méthode de maintenance, notamment pour ce qui concerne le contenu et la fréquence des contrôles. Aussi dans le contexte plus général d’un parc vieillissant, l’ASN a souhaité procéder à un examen approfondi de la politique de maintenance d’EDF et de sa mise en œuvre par les sites. À cet effet, une réunion du GPR a été programmée en mars 2008. 3⎮ 2⎮ 2 La qualification des applications scientifiques Les applications scientifiques qui contribuent aux démonstrations de sûreté sont soumises aux exigences de l’arrêté du 10 août 1984 mentionné au paragraphe 2⏐2⏐1 du chapitre 3. Parmi ces exigences figure notamment celle de la qualification qui consiste à s’assurer que l’application peut être utilisée en toute confiance dans un domaine donné. En 2007, l’ASN a poursuivi son analyse des applications scientifiques employées par EDF, notamment dans les domaines de l’évaluation des efforts appliqués aux assemblages combustibles dans le cœur du réacteur et des études d’accident. L’ASN a par ailleurs débuté l’instruction des applications qui seront appliquées aux études relatives au réacteur EPR. En outre, l’ASN continue sa réflexion visant à définir les principes et les modalités à retenir en vue de l’examen 12 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 331

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