cette dynamique d’amélioration de la gestion des compétences. Le transfert des compétences et des savoir-faire est favorisé en premier lieu vers les nouveaux agents, mais aussi entre professionnels confirmés ou encore dans le cas spécifique de compétences identifiées comme rares. Des académies de métiers sont mises en place afin non seulement de mettre en commun au niveau régional des actions de formation entre plusieurs centrales pour la formation initiale des nouveaux embauchés, mais aussi de rendre cette formation plus proche du terrain. Un processus d’habilitation progressive vise à responsabiliser le nouvel agent au fur et à mesure de sa formation. À la suite de l’examen par le groupe permanent réacteurs (GPR) en 2006 de la démarche de management des compétences et d’habilitation du personnel mise en œuvre par EDF, l’ASN estime que le système de gestion des compétences et des habilitations des personnels d’exploitation des centrales nucléaires est satisfaisant. L’ASN, à cette occasion, a rappelé l’importance particulière qu’elle attache à ce qu’EDF poursuive et renforce les actions engagées afin d’assurer la pérennité des compétences sensibles pour la sûreté lors du départ massif à la retraite des agents, qui aura lieu à partir de 2008. De manière générale, les inspections réalisées par l’ASN permettent d’apprécier les efforts importants engagés sur les centrales nucléaires en matière de management des compétences et le rôle joué au niveau national par la DPN pour animer et encourager les actions entreprises par les sites. Elles mettent en évidence une situation globalement satisfaisante. Toutefois, durant les inspections, l’ASN a observé parfois des difficultés pour faire évoluer les organisations et les référentiels en conformité avec les évolutions nationales. L’avancement du processus et des actions de gestion des compétences est souvent hétérogène entre les métiers. Dans ce processus, l’évaluation des compétences est un élément important à la fois pour déterminer les besoins en compétences dans chaque service et les pérenniser. Or l’ASN constate que, si la présence managériale sur le terrain progresse, l’observation des compétences mises en œuvre en situation de travail est difficile à mettre en place dans les services, en particulier pour l’appréciation des compétences des métiers détachés aux activités d’arrêt de réacteur ainsi que pour les activités relatives à la surveillance des prestations. L’ASN a observé que, lorsque des actions de formation sont reportées ou annulées, la raison est plutôt liée au manque de disponibilité. Le manque de disponibilité des agents peut poser également des difficultés pour réunir une équipe complète en formation et remettre en cause des objectifs d’amélioration des compétences collectives au sein des équipes. Pour la formation des équipes de conduite, EDF dispose sur chaque site depuis 2004 d’un simulateur pleine échelle. L’ASN note avec satisfaction que la présence du simulateur sur site permet peu à peu d’engager d’autres modalités de formation au service conduite (professionnalisation par compagnonnage sur le simulateur, par exemple) mais aussi d’associer d’autres métiers, voire le management des sites, aux activités de conduite. Des sessions visent à améliorer la coordination entre la conduite et d’autres métiers (essais, automaticiens). Il paraît également souhaitable que la disponibilité des simulateurs permette aux équipes de jouer sur simulateur des scénarios à leur demande. 2⎮ 1⎮ 3 La surveillance de la qualité des activités soustraitées Les opérations de maintenance des réacteurs du parc électronucléaire français sont en grande partie sous-traitées par EDF à des entreprises extérieures. Cette activité fait appel à environ 20000 prestataires et sous-traitants. La mise en place d’une telle politique industrielle relève du choix de l’exploitant. Le rôle de l’ASN est de contrôler, en application de l’arrêté du 10 août 1984 cité au paragraphe 2⏐2⏐1 du chapitre 3, qu’EDF exerce sa responsabilité sur la sûreté de ses installations par la mise en place d’une démarche qualité et notamment d’un contrôle des conditions dans lesquelles se déroule cette sous-traitance. Cette démarche est formalisée dans la «charte de progrès et de développement durable» signée par EDF et ses principales entreprises prestataires. Le choix et la surveillance des activités réalisées par les prestataires EDF a mis en place un système de qualification de ses prestataires reposant sur une évaluation de leur savoirfaire technique et de leur organisation. En complément, EDF se doit d’exercer ou de faire exercer une surveillance des activités réalisées par ses prestataires et d’utiliser le retour d’expérience afin d’évaluer en continu leur capacité à conserver leur qualification. En 2007, l’ASN a réalisé des inspections sur des «prestations globales d’assistance chantiers» (PGAC) et sur des prestations de maintenance intégrée. Ces structures sont destinées à améliorer le pilotage et la coordination des activités sous-traitées sur les centrales nucléaires. Après avoir constaté en 2006 des difficultés de mise en œuvre des PGAC, l’ASN considère que les sites inspectés ont correctement assuré la surveillance de ces activités. Elle estime toutefois qu’EDF doit améliorer la définition et la 12 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 311
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