de cette démarche, qui est le point de départ d’une réflexion sur l’optimisation des expositions. De la même manière, la mise en place d’actions de formation continue en radioprotection doit être poursuivie puisqu’il a été constaté que 40% des établissements forment leurs personnels et que 40% vont mettre en place de telles actions. En revanche, un progrès notable a été constaté pour ce qui concerne la réalisation des contrôles périodiques par des organismes agréés puisque 86% des établissements inspectés en 2007 réalisent ces contrôles, contre 68% des établissements inspectés en 2006. 5⎮ 4 Incident d’exposition du personnel médical L’ASN a été informée le 15 juin 2007 d’un incident d’irradiation impliquant un manipulateur en électroradiologie médicale survenu le même jour au service de radiothérapie du Centre Georges François Leclerc (centre de lutte contre le cancer) de Dijon. Cet événement s’est produit lors du traitement d’un patient par radiothérapie. L’irradiation du patient a été lancée alors qu’un manipulateur se trouvait encore dans la salle de traitement. L’irradiation a été interrompue par actionnement de l’arrêt d’urgence de l’installation après une dizaine de secondes. Le manipulateur, qui se trouvait près de l’irradiateur, a été exposé par une partie du rayonnement délivré au patient. Une estimation de la dose reçue par le manipulateur, réalisée par l’IRSN, a permis de confirmer le dépassement de la limite annuelle d’exposition admise pour un travailleur (20 mSv). Compte tenu de la dose efficace reçue – environ 30 mSv – il n’est pas attendu d’effets sur la santé de cette personne. La division de Dijon de l’ASN a procédé le 18 juin à une inspection réactive au centre Georges François Leclerc pour comprendre le déroulement et les causes de l’incident et examiner les mesures correctives prises par le centre. Il s’avère que l’incident résulte d’erreurs humaines et de l’absence de procédure. Le centre a pris immédiatement des mesures correctives organisationnelles et s’est engagé à approfondir son analyse de l’identification des risques. Cet événement concerne un travailleur. Compte tenu du dépassement de l’une des limites réglementaires (dose efficace supérieure à 20 mSv sur 12 mois consécutifs), l’ASN a classé cet incident au niveau 2 de l’échelle expérimentale des événements radiologiques INES qui comporte 7 niveaux. 5⎮ 5 L’impact sur l’environnement et la population L’impact des applications médicales sur l’environnement et la population ne fait pas l’objet, sauf cas particulier, d’une surveillance spécifique compte tenu de son caractère extrêmement diffus. Hors situation incidentelle, l’impact potentiel pourrait concerner: –des catégories professionnelles spécifiques susceptibles d’être exposées à des effluents ou déchets produits par des services de médecine nucléaire; –des personnes du public dans le cas où les locaux qui hébergent des installations qui émettent des rayonnements ionisants ne bénéficieraient pas des protections requises ; –des personnes proches de patients ayant bénéficié d’un traitement ou d’un examen de médecine nucléaire faisant appel à des radionucléides tels que l’iode 131. Les informations disponibles qui portent sur la surveillance radiologique de l’environnement assurée par l’IRSN, en particulier la mesure du rayonnement gamma ambiant, ne mettent pas globalement en évidence de niveau significatif d’exposition au-delà des variations du bruit de fond de la radioactivité naturelle. En revanche, la mesure de la radioactivité de l’eau des grands fleuves ou des stations d’épuration des grandes agglomérations fait ponctuellement apparaître la présence au-dessus des seuils de mesure de radionucléides utilisés en médecine nucléaire (iode 131, technétium 99m). Les données disponibles sur l’impact de ces rejets conduisent à des doses de quelques microsieverts par an pour les personnes les plus exposées, notamment les égoutiers travaillant dans les réseaux d’assainissement (étude IRSN 2005). Par ailleurs, aucune présence de ces radionucléides n’a jamais été mesurée dans les eaux destinées à la consommation humaine. Les recommandations à faire par le médecin après utilisation des radionucléides en médecine nucléaire ont fait l’objet de travaux du groupe de travail «médecine nucléaire» du Conseil supérieur d’hygiène Publique de France, notamment lors des examens et traitements utilisant l’iode 131, l’objectif étant d’harmoniser les conseils de vie qui sont déjà délivrés par chaque médecin. Le travail réalisé s’est appuyé sur les recommandations européennes mais aussi sur des simulations et des mesures effectuées en situation réelle. Les recommandations qui ont été publiées par l’ASN en 2007 reposent sur l’activité résiduelle après l’hospitalisation (lors d’une thérapie avec des hautes activités) ou l’activité administrée si le patient reçoit de l’iode 131 sans être hospitalisé (exploration ou traitement pour hyperthyroïdie). Pour la protection des personnes du public, les recommandations sont relativement légères sauf situations particulières (vol en avion de plus de 7 heures, contact 262
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