Rapport annuel de l'ASN 2006

En outre, l’ASN constate encore en 2006 que la qualité de la préparation des interventions de maintenance est insuffisante. En particulier, les analyses de risques doivent être réalisées avec plus de rigueur. Par ailleurs, l’ASN considère qu’EDF doit améliorer les conditions d’intervention sur les sites: les inspections réalisées sur les chantiers montrent que les délais de réalisation sont tendus et que les dispositions de sécurité conventionnelle au travail ne sont pas toujours respectées. La plupart des activités de maintenance sur les sites sont confiées à des entreprises prestataires, sélectionnées sur la base d’un système de qualification et d’évaluation qui n’appelle pas de remarque de la part de l’ASN. L’ASN avait constaté en 2004 que la surveillance des activités confiées aux prestataires nécessitait d’être améliorée. Elle a observé en 2005 que des progrès ont été réalisés sur ce point, notamment par la mise en œuvre d’un référentiel national, destiné à assurer une meilleure surveillance. L’ASN a noté en 2006 un essoufflement de cette dynamique de progrès et considère qu’EDF doit poursuivre ses efforts: le pilotage et l’accompagnement des sites par les services centraux doivent notamment être renforcés, et les sites doivent s’assurer de la suffisance des ressources allouées à la surveillance des prestataires. L’état des matériels L’ASN estime que les programmes de maintenance et de remplacement des matériels, la démarche de réexamen de sûreté, ainsi que la correction des anomalies de conformité identifiées contribuent à maintenir les matériels des centrales nucléaires dans un état satisfaisant. L’ASN considère toutefois que les actions engagées par EDF pour assurer la pérennité de la qualification des matériels doivent être accompagnées d’une gestion adéquate de la disponibilité des pièces de rechange et du traitement de l’obsolescence des matériels, en particulier pour les réacteurs les plus anciens. •Première barrière L’ASN estime que l’état de la première barrière de confinement, c’est-à-dire la gaine du combustible, est globalement satisfaisante. Toutefois, des dégradations ou des pertes d’étanchéité d’assemblages de combustible se produisent encore sur la majorité des sites malgré la mise en place de dispositions préventives. En 2006, les problèmes rencontrés ont essentiellement été des défauts d’étanchéité qui se sont produits en cours de cycle sur un nombre limité d’assemblages en alliage M5 et des détériorations de grilles d’assemblages combustibles dans le circuit primaire. L’ASN estime qu’EDF a été réactif dans la prise en compte des défauts d’étanchéité. Elle considère toutefois que la prévention des corps migrants et la justification de leur absence d’impact sur la sûreté doivent être encore améliorées. •Deuxième barrière L’ASN considère que l’état de la deuxième barrière, constituée essentiellement par le circuit primaire, est perfectible. EDF y porte une attention particulière et met en œuvre les programmes de maintenance avec rigueur. Les actions d’EDF vis-à-vis des générateurs de vapeur de première génération – programme de remplacement depuis les années 1990 et actions de maintenance ciblées depuis 2004 – permettent d’améliorer significativement leur intégrité. L’ASN estime nécessaire de maintenir une attention particulière sur la maîtrise des phénomènes de vieillissement qui affectent le circuit primaire principal. L’ASN considère en particulier que les sites doivent être plus réactifs lors de détections de fuites sur le circuit primaire et plus rigoureux dans leur traitement. Par ailleurs, l’ASN considère qu’EDF doit améliorer la comptabilisation des situations et la correction des sous-épaisseurs sur le circuit secondaire principal sur ses sites. 349 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12

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