3 5 2 L’utilisation des alliages à base de nickel Plusieurs parties des réacteurs à eau sous pression sont fabriquées en alliages à base de nickel: tubes, plaque de partition, revêtement côté primaire de la plaque tubulaire pour les générateurs de vapeur, adaptateurs de couvercle, pénétrations de fond de cuve, soudures des supports inférieurs de guidage des internes de cuve, zones réparées des tubulures pour la cuve. La résistance de ce type d’alliage à la corrosion généralisée ou par piqûres justifie son emploi. Cependant, dans les conditions de fonctionnement des réacteurs, l’un des alliages retenus, l’Inconel 600, s’est révélé sensible au phénomène de corrosion sous contrainte. Ce phénomène particulier de corrosion se produit en présence de sollicitations mécaniques importantes. Il peut conduire à l’apparition de fissures, parfois rapidement comme sur les tubes de générateurs de vapeur dès le début des années 1980 ou sur les piquages d’instrumentation des pressuriseurs des réacteurs du palier 1300 MWe à la fin des années 1980. L’ASN a demandé à l’exploitant d’adopter une approche globale de surveillance et de maintenance pour les zones concernées. Plusieurs zones du circuit primaire principal en alliage 600 font ainsi l’objet d’un contrôle particulier. Pour chacune d’elles, le programme de contrôle en service, défini et mis à jour annuellement par l’exploitant, doit répondre à des exigences portant sur les objectifs et la périodicité des contrôles. En outre, les générateurs de vapeur et les couvercles de cuve font l’objet d’un programme de remplacement important (voir paragraphe 354). À la suite de la découverte en 2004 de fissures imputées à la corrosion sous contrainte sur la plaque de partition d’un générateur de vapeur non considéré a priori par EDF comme sensible à ce type de dégradation, l’ASN a demandé à EDF d’adapter sa stratégie de maintenance pour prendre en compte ces dégradations non prévues. EDF a développé des outillages automatiques pour inspecter plus facilement et réparer ces zones. Ceci concerne en particulier le procédé de ressuage automatique qui a été qualifié en 2006 et celui de caractérisation par ultrasons de la profondeur des fissures mis en œuvre à titre d’expertise sur plusieurs générateurs de vapeur. En outre, EDF a augmenté le nombre de générateurs de vapeur à contrôler. Ainsi, en 2006, d’autres indications de fissuration par corrosion sous contrainte ont été observées sur des plaques de partition. Pour la première fois, certaines de ces indications ont atteint une profondeur nettement supérieure au seuil de caractérisation. 3 5 3 Les cuves des réacteurs La cuve est l’un des composants essentiels d’un réacteur à eau sous pression. Ce composant, d’une hauteur de 14 m et d’un diamètre de 4 m pour une épaisseur de 20 cm, contient le cœur du réacteur ainsi que son instrumentation. Entièrement remplie d’eau en fonctionnement normal, la cuve, d’une masse de 300 tonnes, supporte une pression de 155 bars à une température de 300 °C. Le contrôle régulier et précis de l’état de la cuve est essentiel pour les deux raisons suivantes: –la cuve est un composant dont le remplacement n’est pas envisagé, à la fois pour des raisons de faisabilité technique et de coût; –la rupture de la cuve est un accident jugé inenvisageable, dont les conséquences ne sont donc pas prises en compte dans l’évaluation de la sûreté du réacteur. La validation de cette hypothèse nécessite que des mesures de conception, de fabrication et d’exploitation adaptées soient prises. En fonctionnement normal, la cuve se dégrade lentement, sous l’effet des neutrons issus de la réaction de fission du cœur qui fragilisent le métal. Cette fragilisation rend en particulier la cuve plus sensible aux chocs thermiques sous pression ou aux montées brutales de pression à froid. La présence d’une fissure serait alors potentiellement dommageable. 328
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