Rapport annuel de l'ASN 2006

3 3 La maintenance et les essais 3 3 1 Les pratiques de maintenance L’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité incite EDF à maîtriser ses dépenses. L’optimisation des coûts de maintenance fait partie des moyens mis en œuvre par EDF pour améliorer sa compétitivité. Dans ce cadre, EDF a développé un projet de «réduction des volumes de maintenance». Ce projet vise à recentrer les opérations de maintenance sur les équipements dont la défaillance présente des enjeux en termes de sûreté, de radioprotection ou d’exploitation et s’appuie sur des méthodes de maintenance évitant le démontage des équipements. Une première évolution a eu lieu au milieu des années 90 avec la mise en œuvre de la méthode d’«optimisation de la maintenance par la fiabilité» (OMF). Elle consiste en une démarche d’analyse fonctionnelle qui établit le type de maintenance à réaliser en fonction des conséquences des défaillances des matériels sur le système considéré, et non plus seulement en fonction de leurs causes, comme dans l’approche précédente. L’ASN a considéré que cette démarche ne dégradait pas la sûreté. À la suite des demandes de l’ASN et pour prendre en compte le retour d’expérience sur les sites, EDF a fait évoluer la méthode OMF afin de traiter les pertes de redondance et les défaillances de cause commune ainsi que les modes de défaillance non détectables depuis la salle de commande. Par ailleurs, tirant parti de la standardisation des réacteurs, EDF développe le concept de maintenance par «matériels témoins» s’appuyant sur la constitution de familles techniques homogènes de matériels semblables et exploités de la même manière. La sélection et le contrôle approfondi d’un nombre réduit de ces matériels, jouant alors le rôle de matériels témoins au sein de ces familles, pourraient, dans le cas où aucune dégradation n’est détectée, éviter un contrôle de la totalité des matériels. L’ASN est vigilante quant à la bonne prise en compte par EDF du retour d’expérience du comportement des matériels concernés par ces évolutions de méthodologie de maintenance, notamment pour ce qui concerne le contenu et la fréquence des contrôles. 3 3 2 La qualification des applications scientifiques Les applications scientifiques qui contribuent aux démonstrations de sûreté sont soumises aux exigences de l’arrêté du 10 août 1984 relatif à la qualité de la conception, de la construction et de l’exploitation des installations nucléaires de base (voir chapitre 3 du paragraphe 221). Parmi ces exigences figure notamment celle de la qualification qui consiste à s’assurer que l’application peut être utilisée en toute confiance dans un domaine donné. À l’occasion d’inspections sur ce thème, l’ASN a constaté des lacunes concernant l’inventaire des applications scientifiques utilisées dans les démonstrations de sûreté, l’établissement des dossiers de qualification ainsi que le contrôle de ces dossiers, notamment dans le cas d’études sous-traitées. En 2005, l’ASN a demandé à EDF de mettre en œuvre les actions correctives nécessaires. En réponse, EDF a proposé une organisation commune aux différentes entités pour la gestion des applications scientifiques utilisées dans les études supports à la démonstration de sûreté. L’ASN a entamé l’examen de la mise en place de cette gestion au centre d’expertise et d’inspection dans le domaine de la réalisation et de l’exploitation d’EDF (CEIDRE). L’ASN a constaté que cette mise en place n’est réalisée que 322

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