321 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 –une mise à jour des règles du palier CPY, prenant notamment en compte le retour d’expérience et les engagements pris par EDF en matière de conduite selon l’approche par état (APE). Au cours de l’année 2006 a par ailleurs débuté l’analyse du projet «conduite en cas d’incident ou d’accident» (CIA). EDF a engagé ce projet à la suite de réflexions sur la fréquence des évolutions des procédures APE sur les incidents constatés qui ne sont pas gérés de façon optimale par la conduite APE et afin d’assurer un maintien des compétences dans le domaine de la conduite en cas d’incident ou d’accident. Ce projet a pour objectifs notamment: –de maîtriser les évolutions des procédures APE afin de limiter leur complexification; –de clarifier les interfaces entre les procédures de conduite en cas d’incident ou d’accident, le fonctionnement normal et l’organisation nationale de crise; –d’améliorer l’efficacité des acteurs de la conduite en cas d’incident ou d’accident; –de gérer au mieux les ressources et les compétences dans le domaine. Des inspections ayant pour thème la conduite en cas d’incident ou d’accident ont lieu régulièrement. Au cours de ces inspections, la gestion des documents de conduite cas d’incident ou d’accident (déclinaison des documents nationaux de référence en documents locaux, reproduction, diffusion…), la gestion des matériels spécifiques utilisés en conduite accidentelle, ainsi que la formation des agents de conduite sont notamment examinées. Les inspections réalisées en 2006 n’ont pas mis en évidence de dysfonctionnement notable et l’ASN considère que l’appropriation par les sites des règles de conduite en cas d’incident ou d’accident (déclinaison en documents locaux, diffusion et formation des équipes) est de manière générale satisfaisante. La conduite des réacteurs en cas d’accident grave Dans le cas où, à la suite d’un incident ou d’un accident, la conduite du réacteur ne permettrait pas de le ramener dans un état stable et où le scénario engendré par une succession de défaillances conduirait à une fusion du cœur, on considère que le réacteur entre dans une situation dite d’accident grave. Pour de telles situations, très hypothétiques, diverses mesures sont prises pour permettre aux opérateurs, soutenus par les équipes de crise, de gérer la conduite du réacteur et d’assurer le confinement des matières radioactives afin de limiter les conséquences de l’accident. Les équipes de crise peuvent notamment s’appuyer sur le guide d’intervention en accident grave (GIAG). En 2006, EDF a terminé la traduction du GIAG en documents opératoires sur l’ensemble des paliers. Ces documents sont destinés à l’usage des équipes de conduite, de l’astreinte de la centrale et des équipes de crise locale et nationale. Le GIAG et ses évolutions sont en cours d’instruction par l’ASN et son appui technique. En octobre 2006, l’IRSN, le CEA et EDF ont présenté au Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires et à l’ASN une synthèse commune de l’état actuel de la recherche relative aux accidents graves réalisée en France et à l’étranger. Si la phase de dégradation du cœur (oxydation des crayons et ruptures des gaines) est bien comprise et modélisée, il subsiste des incertitudes sur les phénomènes intervenant ultérieurement et notamment sur le comportement du corium en fond de cuve. De nombreuses études et expérimentations sont en cours ou prévues dans les années qui viennent en France et à l’étranger pour permettre de comprendre et modéliser les phénomènes physiques intervenant lors d’un accident grave. Une réunion du Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires consacrée aux accidents graves est prévue en 2008. Les principaux sujets qui seront abordés concernent la possibilité de refroidir le corium en cuve et les risques associés, le risque de criticité du corium, les parades à la dissémination de matières radioactives par la «voie eau» et la nouvelle version du référentiel accident grave comprenant la gestion à long terme des accidents.
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