2 5 La recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection dans le domaine des réacteurs à eau sous pression La recherche fondamentale et appliquée est l’une des clés du progrès de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et cela à plusieurs titres: –le développement et la validation de solutions techniques innovantes permettent l’émergence de produits ou procédés d’exploitation ou de maintenance nouveaux et leur utilisation en substitution de techniques ou de modes d’intervention offrant un degré de protection moindre; –certains travaux de recherche visent à mieux connaître les risques, ce qui permet de mieux orienter les mesures de protection, voire de mettre en lumière des risques jusque-là mal évalués: c’est par exemple le cas des expériences sur le phénomène de colmatage des puisards des réacteurs à eau sous pression ou des études de fiabilité humaine permettant de mieux quantifier le rôle des facteurs humains ; –enfin, la recherche permet de développer des compétences pointues dans le domaine de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, contribuant ainsi à l’entretien d’un vivier de spécialistes. Le fait de connaître les derniers résultats des recherches et de savoir quelles sont les questions qui restent encore sans réponse permet aux Autorités de sûreté nucléaire de mesurer le degré d’exigence des demandes d’amélioration de sûreté ou de radioprotection. Ainsi, l’ASN se tient informée des travaux de recherche pour augmenter la pertinence de son action de contrôle. En outre, la capacité des Autorités de sûreté nucléaire, ou des experts sur lesquels elles s’appuient, à initier des recherches leur permet aussi parfois de mettre le doigt sur des questions de sûreté que l’on croyait à tort résolues: c’est ainsi l’interprétation d’expériences menées par l’IRSN qui a permis de redécouvrir le risque de colmatage des puisards des réacteurs nucléaires. Il importe également que les exploitants contribuent significativement à l’effort de recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection et en utilisent les résultats pour faire progresser encore le niveau de sûreté de leurs installations. L’ASN a ainsi demandé à EDF de lui communiquer annuellement les budgets et effectifs alloués à la recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection, de manière à pouvoir en examiner les évolutions. L’ASN constate aujourd’hui que le budget consacré par EDF à ce domaine reste à un niveau élevé, même s’il a connu une légère diminution pendant quelques années. Elle observe également avec satisfaction que la recherche dans ce domaine reste alimentée par plusieurs moteurs: –les projets de réacteurs du futur: le projet EPR a ainsi donné lieu à des travaux de recherche et au développement de solutions techniques nouvelles, dont certaines pourront être mises en œuvre sur les réacteurs existants; –la volonté des industriels d’améliorer les performances de leurs outils: à titre d’exemple, le souhait d’EDF d’augmenter les performances des combustibles nucléaires a notamment généré des travaux sur les céramiques d’oxyde d’uranium, les matériaux de gainage et les codes de calcul. Ces travaux permettent aussi d’approfondir les connaissances et dans certains cas de faire progresser la sûreté, par exemple en faisant apparaître des points faibles dans des méthodes utilisées jusqu’alors; –la question de la durée de vie des réacteurs: le souhait d’EDF de poursuivre l’exploitation des centrales existantes est à l’origine de recherches sur le vieillissement des matériaux et l’évolution des structures et composants, notamment le comportement des enceintes en béton ou les propriétés des aciers sous irradiation; –la prise en compte du retour d’expérience des incidents: on peut citer à ce titre les recherches relatives au risque d’inondations ou à la modélisation de la dérive des nappes de pétrole. 317 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12
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