Rapport annuel de l'ASN 2006

du vieillissement et de lui démontrer la possibilité d’en continuer l’exploitation au-delà de trente ans dans des conditions de sûreté satisfaisantes. En réponse à cette demande, EDF a élaboré un programme de travail relatif à la gestion du vieillissement des réacteurs de 900 MWe. Les résultats de ces travaux font l’objet de plusieurs consultations du Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires et de la Section permanente nucléaire de la Commission centrale des appareils à pression. À l’issue, l’ASN prendra position, réacteur par réacteur, sur la poursuite de l’exploitation au-delà de la troisième visite décennale. En 2005, EDF a transmis à l’ASN les premiers éléments issus de la mise en place de son programme de travail. En 2006, après avoir recueilli l’avis du Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires, l’ASN a demandé à EDF d’apporter des compléments, en particulier en ce qui concerne les moyens lourds de recherche et développement disponibles. 2 4 Le projet de réacteur EPR 2 4 1 Les options de sûreté du réacteur EPR L’ASN juge satisfaisante la sûreté des réacteurs aujourd’hui en exploitation en France. Toutefois, elle considère que la nouvelle génération de réacteurs électronucléaires à eau sous pression doit atteindre un niveau de sûreté encore supérieur. C’est ainsi qu’en 1993 les Autorités de sûreté nucléaire française et allemande ont fixé conjointement, pour le projet de réacteur EPR (European Pressurized water Reactor), des objectifs de sûreté renforcés, dans le cadre d’une conception évolutionnaire qui permet de tirer bénéfice du retour d’expérience des réacteurs en exploitation: –le nombre des incidents doit diminuer, notamment par l’amélioration de la fiabilité des systèmes et par une meilleure prise en compte des aspects liés aux facteurs humains; –le risque de fusion du cœur doit être encore réduit; –les rejets radioactifs pouvant résulter de tous les accidents concevables doivent être minimisés. Enfin, du fait de l’expérience d’exploitation acquise sur les réacteurs en service, l’ASN a également demandé que les contraintes d’exploitation et les aspects liés aux facteurs humains soient pris en compte dès la conception, dans le but notamment d’améliorer la radioprotection des travailleurs et de limiter les rejets radioactifs et la quantité et l’activité des déchets produits. Les objectifs ainsi fixés ont amené les concepteurs du réacteur à proposer, dans le cadre des options de sûreté, un certain nombre d’améliorations en termes de sûreté, parmi lesquelles on peut citer à titre d’exemples: –concernant la réduction des risques d’accidents, une diversification et une redondance accrue des matériels qui assurent des fonctions de sûreté ou encore un renforcement significatif du génie civil de l’îlot nucléaire pour une meilleure protection contre les agressions externes, dont les séismes, les explosions industrielles et les chutes d’avion; –concernant la prise en compte de la gestion des accidents graves dès la conception, la mise en place sous la cuve du réacteur d’un dispositif spécialement conçu pour récupérer, contenir et refroidir le cœur en fusion. 314

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