Rapport annuel de l'ASN 2006

En effet, l’arrêt de la fabrication de certains composants ou la disparition de leur constructeur génère des difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange pour certains systèmes. De nouvelles pièces de rechange doivent alors faire l’objet d’une justification de sûreté en préalable à leur montage sur les réacteurs. Compte tenu de la durée de cette procédure, une anticipation forte est requise de la part de l’exploitant. La capacité de l’installation à suivre les évolutions des exigences de sûreté L’amélioration des connaissances et des techniques mais aussi les évolutions du niveau d’acceptabilité du risque dans nos sociétés sont des facteurs pouvant conduire à juger qu’une installation industrielle nécessite de lourds travaux de rénovation ou, si ceux-ci ne sont pas réalisables à un coût acceptable, une fermeture à plus au moins brève échéance. 2 3 3 La stratégie de prise en compte du vieillissement des matériels Cette stratégie, de type «défense en profondeur», s’appuie sur trois lignes de défense. Prévenir le vieillissement à la conception La conception et la fabrication des composants, le choix des matériaux et les dispositions d’installation doivent être adaptés aux conditions d’exploitation prévues et tenir compte des cinétiques de dégradation connues ou supposées. Surveiller et anticiper les phénomènes de vieillissement D’autres phénomènes de dégradation que ceux prévus à la conception peuvent être mis à jour au cours de l’exploitation. Les programmes de surveillance périodique, de maintenance préventive, les examens de conformité (voir paragraphe 231) ou encore l’examen du retour d’expérience visent à détecter ces phénomènes. Réparer, modifier ou remplacer les matériels susceptibles d’être affectés De telles actions nécessitent d’avoir été anticipées, compte tenu notamment des délais d’approvisionnement des nouveaux composants, du temps de préparation de l’intervention et des risques d’obsolescence de certains composants et de perte de compétences techniques des intervenants. 2 3 4 La politique de l’ASN Sur le plan strictement réglementaire, il n’y a pas en France de limitation dans le temps à l’autorisation d’exploiter une centrale nucléaire. En revanche, la pratique retenue en France est d’imposer à l’exploitant de procéder à un réexamen de sûreté de son installation tous les dix ans. Le réexamen de sûreté est l’occasion d’effectuer un examen approfondi des effets du vieillissement. C’est également le moment où sont examinées la nécessité et la faisabilité des modifications de l’installation pour tenir compte de l’évolution des exigences de sûreté (voir paragraphe 232). Ainsi, dans le cadre de la préparation des troisièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe, l’ASN a demandé à EDF de présenter, pour chacun des réacteurs concernés, un point précis de l’état 313 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12

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