Rapport annuel de l'ASN 2009

421 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 centrales nucléaires. De manière générale, l’ASN constate régulièrement des écarts importants dans l’application par les sites des organisations prescrites au niveau national, par exemple dans la maintenance ou dans la surveillance des prestataires. Les sites se fixent des objectifs d’amélioration dans les différents domaines de la sûreté, de la radioprotection, de l’environnement et de la sécurité des travailleurs. Toutefois, dans le domaine de la sûreté, ces objectifs doivent être définis de façon plus réaliste. Dans le domaine de la radioprotection, la dynamique engagée sur la propreté radiologique permet aux sites de mettre en œuvre la démarche EVEREST (entrée en bleu de travail dans les zones contrôlées) et de se donner des objectifs plus ambitieux sur cette thématique. Les rôles et responsabilités exercés au sein des services sont définis dans des notes d’organisation mais sont parfois difficiles à appliquer dans le déroulement des activités. L’ASN ne perçoit aucune évolution par rapport aux années précédentes dans la préparation des activités, qui est jugée trop fréquemment insuffisante. La hiérarchie est de manière générale plus présente sur le terrain mais le contrôle qui doit être exercé au cours des activités est parfois insuffisant. L’ASN estime que le système de gestion des compétences et des habilitations des personnels d’exploitation des centrales nucléaires est mis en œuvre de façon satisfaisante et la mise en place des chantiers écoles et des académies de métiers pour les nouveaux embauchés constituent des points positifs à souligner. Toutefois, comme en 2008, l’ASN estime que la formation des intervenants, notamment les prestataires, mériterait d’être encore améliorée dans les domaines de la radioprotection et de l’environnement. La hiérarchie éprouve toujours des difficultés pour réaliser les observations d’activités sur le terrain nécessaires pour apprécier les compétences mises en œuvre par les agents. Les effectifs sont globalement bien dimensionnés. Toutefois l’ASN relève à nouveau des cas de charge de travail excessive sur les personnels. Comme en 2008, la surveillance des activités réalisées par les prestataires reste une activité pour laquelle les effectifs restent parfois insuffisants. Comme en 2007 et 2008, l’ASN estime que les conditions de réalisation des activités d’exploitation et de maintenance ne sont pas toujours satisfaisantes. Dans le domaine de la maintenance, l’utilisation de moyens matériels, tels que des échafaudages, des outils ou des équipements de protection, en mauvais état est jugée préoccupante et le manque ou la mauvaise gestion des pièces de rechange sont à mentionner. La mise à disposition par les centrales de matériels au bénéfices des prestataires est jugée très insuffisante. De même qu’en 2008, l’ASN relève encore de nombreux défauts d’ergonomie qui concernent les documents, les équipements, les matériels et l’aménagement des locaux. De manière générale, les analyses d’événements significatifs font insuffisamment apparaître des causes liées à l’ergonomie des lieux de travail ou n’en tirent pas suffisamment les conséquences en termes d’analyse et d’actions correctives. De manière générale, l’ASN constate que la préparation, la réalisation ou le contrôle des activités sont parfois pénalisés par des conditions peu favorables, en particulier durant les arrêts de réacteur. Enfin, l’ASN note qu’un grand nombre de projets et de plans d’action nationaux s’ajoutent aux plans d’action locaux. Ces projets et plans d’action répondent tous à des objectifs d’amélioration importants et sont élaborés avec soin par des entités différentes d’EDF, tant au niveau national que local. Mais ce sont souvent les mêmes personnes qui, sur le terrain sont concernées par leur mise en œuvre. Indépendamment de la charge que cela occasionne, EDF devrait porter une plus grande attention aux conséquences des interactions entre ces projets. 5⎮ 1 ⎮ 5 Analyser le retour d’expérience De manière générale, l’organisation mise en place par l’exploitant dans les centrales nucléaires pour traiter le retour d’expérience est satisfaisante. Le retour d’expérience est bien formalisé et exploité. Le partage des informations entre les niveaux local et national d’EDF est efficace. Les actions mises en œuvre en 2008 et 2009 ont par exemple permis de réduire le nombre d’arrêts automatiques de réacteur de manière visible. Cependant, l’ASN estime qu’EDF doit améliorer la qualité et la profondeur des analyses qui sont réalisées. Celles-ci sont souvent insuffisantes. L’occurence en 2009 à la centrale du Tricastin d’un incident identique de blocage d’assemblage combustible survenu l’année précédente illustre ce point. De ce fait, la mise en œuvre des conclusions de ces analyses et la réalisation des actions correctives qui sont prises à la suite des événements sont perfectibles. L’ASN note en outre que la communication entre l’ASN et les sites peut être améliorée. Les délais de transmission des déclarations formelles dépassent fréquemment deux jours et l’ASN est parfois conduite à modifier le classement des événements proposé par les exploitants.

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