Rapport annuel de l'ASN 2009

408 4⎮ 1 Contrôler la radioprotection des personnels Dans un réacteur électronucléaire, l’exposition aux rayonnements ionisants provient majoritairement du combustible (surtout lorsqu’il est usé) ainsi que des produits de corrosion, des produits d’activation et des produits de fission présents dans le circuit primaire. Tous les types de rayonnements sont présents (neutrons, alpha α, bêta β et gamma γ) et le risque d’exposition peut être externe et interne. Dans la pratique, 90% des doses proviennent des expositions externes aux rayonnements β et γ dues aux produits de corrosion formés par les phénomènes suivants: – la corrosion des matériaux du circuit primaire au contact de l’eau, suivie du relâchement de particules et de leur dépôt à la surface des matériaux; – l’activation des couches supérieures des matériaux sous flux neutronique. Ces mécanismes expliquent la présence dans le circuit primaire de radionucléides, dont le cobalt 58 et le cobalt 60 responsables à eux seuls de 80% des doses reçues par exposition externe. Enfin, les doses reçues par les travailleurs sont, à hauteur de 80%, liées aux opérations de maintenance réalisées au cours des arrêts de réacteur. En 2009, ces doses sont réparties sur un effectif d’environ 43000 intervenants, comprenant les agents EDF, les prestataires ainsi que les sous-traitants, selon une distribution illustrée dans le graphique 5. La politique d’EDF À la fin des années 1990, EDF a renforcé sa politique en matière de radioprotection afin d’établir un niveau d’exigence équivalent à celui de la sûreté nucléaire. À cet effet, EDF a engagé des actions visant spécialement à renforcer l’organisation de la radioprotection depuis son plus haut niveau d’encadrement jusqu’aux services compétents en radioprotection dans chaque centrale nucléaire. L’ASN considère que cette politique a permis d’obtenir des résultats significatifs au cours des dix dernières années. Néanmoins, l’ASN estime que la dynamique observée jusque-là tend à s’essouffler, ce qui est notamment illustré dans le graphique 6 par une augmentation, sur deux années consécutives, de la dose collective moyenne par réacteur qui ne peut pas être expliquée uniquement par la nature des arrêts. Par ailleurs, EDF a mis en œuvre un ensemble de projets portant sur les aspects technique, organisationnel et humain. Ces projets visent, d’une part, à réduire la dose des travailleurs dans les centrales nucléaires au niveau le plus bas qu’il est raisonnablement possible d’atteindre et, d’autre part, à obtenir le meilleur état possible de propreté radiologique dans les installations. Pour le déploiement de ces projets, EDF a mis en place sur les sites un système informatique de gestion de la dosimétrie ainsi que des plans d’action portant sur: – la maîtrise de la propreté radiologique du circuit primaire; – l’entrée en zone contrôlée en bleu de travail; – le renforcement de la présence sur le terrain des personnels du service compétent en radioprotection; – la réduction de la dose des métiers les plus exposés; – la définition du rôle des différents acteurs de la radioprotection. L’ASN considère que ces projets sont porteurs d’améliorations en matière de radioprotection et de propreté radiologique, comme l’illustre le graphique 7. Toutefois, l’ASN estime que les efforts doivent être poursuivis pour améliorer le partage d’une culture de radioprotection entre les services, rendre plus robuste l’organisation de la radioprotection et renforcer les compétences et les contrôles sur le terrain. Les actions engagées et l’évaluation de l’ASN En 2009, l’ASN instruit le dossier des chaînes de surveillance de l’exposition des travailleurs dans les centrales, en particulier dans le bâtiment réacteur. L’ASN considère que les moyens mobiles de surveillance globale mis en place afin de compléter les dispositifs fixes participent à l’amélioration de la détection d’éventuelles dégradations des conditions radiologiques. Toutefois, l’ASN a formulé des demandes complémentaires à EDF en matière d’exigences de fiabilité des dispositifs mobiles. Par ailleurs, l’ASN poursuit l’instruction du dossier préalable à la mise en service du réacteur EPR, portant notamment sur les activités à fort enjeu radiologique ainsi que sur le concept «two rooms» - nouvel espace dans le bâtiment réacteur permettant de réaliser un certain nombre d’actions de maintenance alors que le réacteur est en fonctionnement. L’instruction générale du dossier de l’EPR est présentée dans le paragraphe 2⏐4 de ce chapitre. L’ASN examine en outre la façon dont la radioprotection est prise en compte dans la programmation et la réalisation d’opérations de maintenance ou de modifications pilotées par le niveau national. En 2009, l’ASN a ainsi instruit le dosier de modification des dispositifs de transfert et de chargement des assemblages combustibles dans la cuve, 4 LA RADIOPROTECTION ET LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=