399 CHAPITRE LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF 12 doit garantir une bonne étanchéité du bâtiment réacteur si la pression à l’intérieur de celui-ci venait à dépasser la pression atmosphérique, ce qui peut survenir dans certains types d’accident. C’est pourquoi ces essais comprennent, à la fin de la construction puis lors des visites décennales, une montée en pression jusqu’à la pression de dimensionnement de l’enceinte interne. Les résultats des épreuves décennales, pour les enceintes des réacteurs de 900 MWe, ont montré jusqu’ici des taux de fuite conformes aux critères réglementaires. Leur vieillissement a été examiné en 2005 lors du réexamen de sûreté à trente ans afin d’évaluer l’étanchéité et la tenue mécanique pour dix années supplémentaires. Cet examen n’a pas mis en lumière de problème particulier susceptible de remettre en cause la durée d’exploitation. Lors de ce réexamen, EDF a notamment réalisé des études afin de vérifier le bon comportement du tampon d’accès des matériels du bâtiment réacteur en situation accidentelle. Les études et les modifications identifiées par EDF ont été examinées lors de la réunion du GPR du 20 novembre 2008 concernant la clôture du réexamen de sûreté à trente ans des réacteurs de 900 MWe. Les résultats des épreuves décennales pour les enceintes des réacteurs de 1300 MWe et de 1450 MWe ont permis d’identifier une évolution des taux de fuite de la paroi interne de certaines de ces enceintes. Cette évolution résulte notamment des effets combinés des déformations du béton et de la perte de précontrainte de certains câbles. Bien que ces phénomènes aient été pris en compte à la conception, ils ont parfois été sous-estimés. En conséquence, en cas d’accident, certaines zones de la paroi seraient susceptibles de se fissurer, ce qui conduirait à des fuites. Pour pallier ce phénomène, EDF a mis en œuvre un programme de réparation préventive qui vise à restaurer l’étanchéité des zones les plus affectées. Sur la base d’un avis du GPR réuni sur ce sujet début 2002, l’ASN a donné son accord à EDF sur cette stratégie. Ces travaux sont réalisés à chaque visite décennale. À la fin de l’année 2008, quinze réacteurs sur vingt-quatre sont complètement traités. Tous les réacteurs concernés auront fait l’objet de travaux en 2012. 3⎮ 6 Appliquer la réglementation relative aux équipements sous pression Les équipements sous pression, par l’énergie qu’ils sont susceptibles de libérer en cas de défaillance, indépendamment du caractère éventuellement dangereux du fluide qui serait alors relâché, présentent des risques qu’il convient de maîtriser. Ces équipements (récipients, échangeurs, tuyauteries…) ne sont pas spécifiques à la seule industrie nucléaire. Ils sont présents dans de nombreux secteurs tels que la chimie, le traitement du pétrole, la papeterie et l’industrie du froid. De ce fait, ils sont soumis à une réglementation établie par le ministère de l’Industrie qui impose les prescriptions en vue d’assurer leur sécurité, pour leur fabrication, d’une part, et pour leur exploitation, d’autre part. Parmi ces équipements, ceux susceptibles d’émettre des rejets radioactifs en cas de défaillance sont appelés équipements sous pression nucléaires et sont réglementés par l’arrêté du 12 décembre 2005. En complément des exigences applicables aux équipements sous pression conventionnels et des textes déjà existants pour les circuits primaire et secondaires des réacteurs, cet arrêté soumet les équipements sous pression nucléaires à des exigences complémentaires de sécurité qui rentreront en application le 22 janvier 2011. Conformément à cet arrêté et dans la perspective de cette échéance, les exploitants étaient tenus d’établir, en 2009, la liste des équipements sous pression nucléaires utilisés dans leurs installations. L’ASN a engagé, dès cette année, l’examen de l’établissement de ces listes. L’ASN contribue également au contrôle de l’application des règlements relatifs à l’exploitation des équipements sous pression non nucléaires des centrales nucléaires. Ce contrôle consiste à vérifier, notamment par des actions sur site, qu’EDF applique les dispositions qui lui sont imposées. Parmi les actions réalisées en 2008 par l’ASN, figurent les audits et les visites de surveillance des services d’inspection des sites. Ces services sont chargés, sous la responsabilité des exploitants, de mettre en œuvre les actions d’inspection assurant la sécurité des équipements sous pression. Toutefois ces services ne traitent actuellement Vue aérienne de l’une des quatre unités de production de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime)
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